27 août 2018

Claude Michelet - Des grives aux loups

 

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Saint-Libéral, petit village de Corrèze, début du XXe siècle. Dans la neige crissent trois paires de sabots. Les enfants relèvent les collets. Sept grives ! C'est un beau butin. Qu'à l'approche des loups il faudra leur abandonner… Ce qu'il faut laisser derrière soi, déjà, pour survivre ! Plus tard, faute de grives, ils sacrifieront les coutumes d'antan, un savoir-faire dépassé, un père, une mère, une terre. Nous sommes en 1899 et les loups ont passé les Vosges… 


J'ai relu il y a peu de temps ce livre que j'avais beaucoup aimé adolescente, et je n'ai pas  été déçue de le redécouvrir.

1899, le nouveau siècle arrive et nous nous attachons pour le vivre avec eux, à la famille Vialhe. Le premier tome parcoure vingt ans, et les suivants nous amèneront jusqu'aux années 80 si je me rappelle bien. Quand s'ouvre le livre, la famille se compose de 7 personnes vivant dans une petite ferme (2 ou 3 pièces dans la maison) au coeur d'un petit village animé de Corrèze. Il y a Edouard, le grand-père qui vient de laisser, un peu à contre-coeur, les rênes à son fils, et Léonie la grand-mère qui prend soin de ses petits-enfants. Ils ont à peine 60 ou 70 ans, mais quand on a passé sa vie dehors à travailler la terre on en paraît bien plus. Puis vient le père Jean-Edouard, qui mène sa ferme, ses bêtes et ses enfants avec poigne, et sa femme Marguerite qui l'aide avec les animaux et tient la maisonnée. Enfin viennent les trois enfants, que l'on suivra pendant un bon petit bout de chemin au travers des différents tomes (4  au total). Pierre-Edouard est l'aîné, il a dix ou onze ans et court les champs, quand il ne va pas à l'école, avec son meilleur ami Léon, fils d'un métayer que Jean-Edouard mésestime au plus haut point. Louise a tout juste un an de moins que son frère et le suit dans ses aventures quand elle est acceptée. Puis la petite Berthe un peu plus jeune, dans les jupes de sa grand-mère. Si c'est princicpalement Pierre-Edouard qui va être le héros du roman, les autres ne sont pas en reste, chacun aura plus ou moins son heure de gloire, tout comme le reste du village. On s'attache par exemple parfois aux pas du bon vieux docteur qui soigne et comprend les gens de la commune, ou à ceux du curé qui va assister impuissant à la séparation de l'église et de l'état. C'est en effet la grande Histoire qui va servir de cadre à toutes les petites histoires. Comment faire autrement quand on sait que le siècle qui s'ouvre sera marqué de deux guerres mondiales, de l'automatisation des fermes et de l'exode rural... Ce sont des années bien mouvementées qui attendent Jean-Edouard et ses enfants. 

Les changements de point de vue qui s'opèrent régulièrement permettent au lecteur de se faire sa propre idée sur chaque personnage. Certains sont initialement bien mal présentés, par le bourru et buté Jean-Edouard par exemple, puis adoucis par le regard d'un autre. Car c'est bien un village entier qui gravite autour des Vialhe, même si la plupart sont juste esquissés, à force de les croiser on s'en fait notre idée. Le gentil et pas revanchard pour un sou Jeantout, le bon châtelain un peu mou, la réputation mal gagnée des Dupeuch, le vieux docteur Fraysse qui tutoie les patientes qu'il accouche, le curé qui ne s'entend pas avec l'instituteur... Et au milieu de tout ça les Vialhe qui, à force de dur labeur et d'économies bien placées deviennent la plus grande ferme du coin. Jean-Edouard que l'on déteste parfois, mais que je me suis prise à aimer alors que l'âge le radoucissait. Pierre-Edouard, presque trop progressiste et ouvert pour son époque, droit dans ses bottes et bien peu racunier. Il est difficile de ne pas aimer Pierre-Edouard plein de douceur et de fermeté, il est le véritable héros de ce premier opus, qui commence lorsqu'il est encore enfant, le verra connaître révolte, déconvenues, 4 années de guerre, puis se refermera au coeur de l'âge adulte alors qu'il est enfin presque là où il le mérite. Louise menée par son coeur, Louise qui n'a pas peur de s'opposer aux volontés de son père malgré l'époque alors qu'elle n'est même pas majeure, Louise à qui rien ne sera épargné mais qui mènera sa vie dignement, sans déshonneur malgré les nombreux obstacles qui se dressent devant elle. Le premier scandale du roman c'est la petite Louise de seize ans qui l'amène, et pourtant même quand la terre tremble sous ses pieds, on la regarde tenir debout et on espère fort qu'elle obtiendra ce qu'elle voudra. Puis vient Berthe, la petite dernière. L'auteur a expliqué dans une interview qu'il n'avait pas bien su quoi faire de Berthe jusqu'à sa majorité. De fait, elle est la petite soeur discrète et muselée par le père, qui passe ses journées à s'occuper d'une grand-mère sénile et à ranger le foin dans l'étable en attendant une libération. Elle grandit un peu loin des deux autres qui ont déjà pris leur envol, seule, puis prendra à son tour sa destinée en main avec une force que personne ne lui soupçonnait. A côté des Vialhe, nous suivons de plus loin les Dupeuch, famille de métayer qui est arrivée récemment à Saint-Libéral lorsque s'ouvre l'histoire, et personne ne leur fait trop confiance. Léon, le fils aîné et meilleur ami (en secret) de Pierre-Edouard a quatre petites soeurs dont il va rapidemment se retrouver responsable. La famille est un peu en retrait du village, et si le drame qui les touche leur amène la compassion et l'aide de certains, d'autres les considèreront toujours comme des gens malhonnêtes un peu profiteurs. Il est vrai que Léon va se lancer dans un métier peu recommandable pour beaucoup mais tout à fait légal. Il restera toujours le confident et le soutien de Pierre-Edouard, le copain marrant mais sur qui on peut compter.

Je recommande ce livre à tous ceux qui aiment la campagne, on s'y voit courir les champs et respirer l'air frais avant l'arrivée de la pollution. Les habitants de Saint-Libéral connaissent une vie rude, la terre est exigeante, mais des bonheurs simples et entiers. Attention, cependant, que va devenir ce tout petit village alors que les jeunes partent de plus en plus pour les villes à la fin de la première guerre mondiale ? Début de réponse dans le tome 2 "Les palombes ne passeront plus"

 

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22 mai 2018

Mazo de la Roche - Les Whiteoak de Jalna

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Jalna est un cercle magique où l'étranger n'entre qu'à ses risques et périls. Dès le premier regard, Renny et Alayne, l'épouse américaine de son frère Eden, ont compris qu'ils allaient passionnément s'aimer, en dépît de leurs scrupules. Si Eden en souffre, il sait aussi qu'il n'a aimé en Alayne que l'admiratrice de ses poèmes.

Adeline, pieusement veillée par Finch, le musicien de la famille, arrive au terme de son long règne sur Jalna. Mieux vaut pour elle ignorer les ravages que le désir et la passion ont exercé sur ses petits-enfants. Elle s'éteint calmement, laissant, comme dernier défi, le plus surprenant des testaments.


 

Voilà un titre bien mal trouvé pour ce livre, un titre tiré d'un paragraphe de cet opus, mais qui pourrait convenir à n'importe lequel des 16 tomes.

" Quelle animation, quelle exubérance, quelle vie !... Peut-être étaient-ils dans le vrai ! Peut-être possédaient-ils un secret perdu pour les autres ! Ils ne se ménageaient guère, ils vivaient largement. Commme des arbres frémissants, ils enfonçaient leurs racines, étiraient leurs membres, luttaient entre eux, se battaient contre les éléments. Ils ne trouvaient rien d'étrange ni d'extraordinaire entre eux : ils étaient les Whiteoaks de Jalna, et l'on n'en pouvait rien dire de plus."

Ce que le titre n'indique pas, c'est qu'il s'agit d'un tome presque entièrement consacré à Finch, c'est Finch qui apprend la vie, et c'est l'acceptation de ce membre un peu original par le reste de la famille en tant que membre à part entière. Au début il est malheureux, maltraité, rejeté à la moindre occasion par sa famille, et à la fin on le trouve plus serein, lorsque Piers l'invite tout naturellement à se joindre à une partie de chasse-camping entre hommes avec Renny, Maurice et deux inconnus. Alors j'avais bien peu de souvenirs de la première moitié de cet opus, car Finch m'ennuyait un peu à l'époque. J'ai donc bien aimé redécouvrir des scènes un peu inédites de cette ère Jalna qui est ma préférée. L'ère des frères Whiteoak, lorsque Renny, Eden, Piers, Finch et Wake sont les héros de l'histoire, avant que l'on en perde en route et que la génération  suivante ne prenne le relais. J'adore aussi la génération suivante, mais c'est différent. Ado, lors de mes longues insomnies, lorsque c'était dans le monde parallèle de Jalna que je me projettais, c'était toujours à ce moment-là, j'étais une soeur, entre Eden et Piers, ou entre Piers et Finch selon les moments.

Alors ce roman est un peu inégal, le début est très lent. Finch se fait un nouvel ami riche et plus âgé Arthur Leigh et nous suivons les aventures de Finch et Arthur au thêatre. Puis Finch retrouve son vieil ami Georges Fennel, et nous avons les aventures de Finch et Georges jouent dans un orchestre, Finch et Georges ivres dans les rues. Puis Finch à New York. Je ne comprends pas pourquoi c'est le volume suivant qui s'appelle tout simplement "Finch Whiteoak" ! La deuxième partie du roman est plus globale, puisqu'elle ramène déjà tout le monde à la maison, Eden le traître et Alayne la femme bafouée. J'ai trouvé agréable à lire cette histoire entre Eden, Alayne et Renny, tout le monde sait qu'Alayne et Eden ne sont plus mariés que légalement et qu'il n'y a plus d'amour entre eux, et la passion non consommée de Renny et Alayne est un secret de leur donne sa bénédiction. Eden est bien plus aimable que dans le tome précédent, j'ai retrouvé le personnage qui ma plaît tant. En lisant ces passages, je me suis demandée comment Alayne pourrait avoir plus tard autant de ressentiment contre Eden, alors que je vois là les prémices d'une nouvelle amitié entre eux. C'est dommage la façon dont l'auteur choisira de traiter les relations d'Eden et Alayne par la suite. Traîne dans le coin la jeune et jolie Minny Ware, bonne d'enfant chez Meg. Ouiiii, Meg a enfin quitté Jalna pour vivre avec Maurice et ils ont eu une petite Patience, voilà enfin la grande maison débarrassée de cette langue de vipère que toute la famille considère comme angélique. Minny donc, est plus rafraichissante, Meg souhaite la coller entre les pattes de Renny, mais c'est évidemment tout autre chose qui va se passer. En relisant ce livre, j'ai compris en quoi Roma était un parfait mélange du caractère de son père et de sa mère... Mazo de la Roche oubliait souvent de faire des petites fiches sur ses personnages, mais elle maniait la psychologie et l'hérédité des caractères de façon assez unique. Si vous ne savez pas qui est Roma, vous le saurez dans 3 tomes, ou en consultant l'arbre généalogique. La grosse intrigue du roman arrive assez tardivement, il s'agit évidemment de la mort de Gran et de son héritage. Je crois qu'il s'agit des meilleures scènes du livre, la dispute à propos du testament d'Adeline contient tout ce qui fait des Whiteoak une famille inoubliable. Ils se déchaînent, font une scène mémorable, les caractères sont exacerbés avec leurs plus gros défauts, et pourtant ce que j'en retiens c'est au milieu de tout cet égoïsme, l'attachement inébranlable de Renny et de ses jeunes frères. Ce sont deux petits moments au milieu de la tempête, très sobres. Il y a Piers, la sanguin qui s'emporte après Meg car Meg est encore en train de critiquer Pheasant (pourtant maintenant la demi-soeur de sa fille...), et qui s'arrête en plein élan juste parce que Renny le lui demande "Si tu m'aimes un peu, tais-toi" et Piers se mord la lèvre en regardant ses pieds mais s'arrête immédiatement. Et puis quelques pages plus loin, Finch qui fait une crise de nerfs, poussé par tout le reste de la famille, qui ne retrouve ses esprits que lorsque Renny le tire hors du groupe familial et le jeune Finch transforme ses hurlements en sanglots dans les bras de Renny. Tout est dans ces deux chapitres, l'égoïsme des Whiteoak, leur dureté les uns envers les autres, mais aussi ces moments en très peu de mots  où ils savent être un soutien pour l'un d'entre eux. J'ai rit et j'ai sourit beaucoup sur ces pages. Et pourtant Finch en bave, on déteste tous les autres de l'injustice de leurs propos. Ils le poussent à l'irréparable, mais là encore l'un des frères est là pour empêcher cela, c'est Eden. Une relation un peu inattendue se forme entre les deux artistes de la famille, ces frères que sept ans séparent, ils se comprennent, Eden commence à entrevoir l'adulte que Finch devient et il se dit qu'il pourrait être un bon compagnon. Mais encore une fois, Eden disparaît. Eden ne fera guère plus que ça, disparaître et réapparaître à des moments inattendus, il ne veut pas être un Whiteoak de Jalna, il veut être un Whiteoak qui court le monde, mais il finira toujours par y revenir. Renny est finalement peu creusé dans ces derniers tomes, mais on assiste tout de même à ce qui se passe dans sa tête de chef de famille qui ne peut supporter la proximité de la mort, et se trouve toujours face à un amour impossible. Alors attention spoiler sur la toute fin du livre, je n'arrive pas à dire ce que je pense exactement de la façon dont Renny et Alayne finissent par se retrouver.  Déjà, est-ce qu'ils ont finalement fait l'amour juste après la demande en mariage acceptée ? Et alors, faut-il trouver ça symbolique que le maître de Jalna mette fin à 2 ans de passion cachée et inassouvie dans le légendaire lit en bois peint qu'il a hérité de Gran ? Ou alors, est-ce plutôt tout à fait gênant de faire ça dans le lit de sa grand-mère décédée depuis un mois, alors que rappelons-le toute la famille est réunie dans le hall, soit derrière la porte ? Je ne sais pas, mais je penche pour la deuxième solution quand même. Sinon, ce n'est guère important mais Piers et Pheasant ont eu un enfant, le petit Mooey (diminutif pour Maurice II), qui est donc à la fois le cousin et l'oncle de la petite Patience.

Ensuite, les petits points concernant l'ensemble de la saga. On apprend que le village à côté Jalna (où Wakefield va acheter des gâteaux et des sodas à Mrs Brawn) a été construit sur d'anciennes terres de Jalna et qu'il se nomme Evendale, nom répété à plusieurs reprises et qu'on n'entendra plus jamais il me semble. On évoque les causes de la mort de Mary Wakefield, rappelons que dans cette saga on ne sait jamais tellement de quoi sont morts les personnages qui nous quittent entre deux tomes. On a fini par apprendre au détour d'un paragraphe que Philippe I était mort suite à un coup de sabot d'un cheval, pour Philippe II je crois qu'on ne le saura jamais, quant à Margaret, la mère de Meg et Renny, c'est à peine si on n'oublie pas qu'elle a existé. Ah si on apprend dans ce volume que Meg s'appelle Margaret d'ailleurs. Donc Mary qui est décédée après la naissance de Wake, j'avais toujours imaginée qu'elle était décédée d'une complication de son accouchement, or il semblerait que non. Ernest et Renny semblent penser qu'elle est décédée de consomption ou de langueur. Alors, moi je suis sage-femme des années 2000 et ces deux termes ne me parlent pas, j'ai donc été chercher un peu. Donc il semblerait que Mary soit morte de tuberculose trois semaines après son accouchement, ça m'étonne du coup un peu que le bébé Wakefield ait survécu exposé à la tuberculose in-utero et en néonatal, ça expliquerait certes sa nature fragile, enfin plus vraisemblablement il devrait ne pas avoir survécu. Je met de côté la théorie de la mort par langueur, qui veut dire que Mary est morte de chagrin après la mort de son mari. On ne meurt pas de chagrin à 45 ans quand on a 4 enfants à élever ! Ah oui, sinon, un moment Renny dit tranquillement que Wake vient de faire une crise cardiaque mais qu'il l'a frictionné et qu'il va mieux, j'adore la médecine de ces années là, le moindre problème de santé a l'air d'être réglé par les Whiteoak avec faisant boire de l'alcool au malade ou en le frictionnant avec (ils font ça avec Eden et Finch aussi). On apprend tout de même qu'ils ont un bon vieux médecin de famille Dr Drummond, qui a mis au monde tous les enfants depuis Meg, dont on n'a jamais entendu parler. Du coup je me demande ce qu'est devenu le Dr Ramsey et quand il est mort, manifestement ce n'est pas lui qui a accouché ses petits-enfants (mais on sait qu'il était encore bien vivant à ce moment, en même temps accoucher sa fille ça peut être bizarre). Bref, il y aurait eu deux médecins de campagne en même temps pendant une bonne dizaine d'années, ils ne devaient pas avoir tant de travail si au lieu de les appeler on soignait tout à l'alcool. Autre petit point médical, on apprend que Finch est né coiffé. Alors quand j'ai lu ça à 10 ans, je n'ai rien compris et internet n'existait pas. Il était né, genre avec la raie au milieu? Avec la coiffe de bécassine sur la tête ? Rien de tout ça ne semblait probable alors c'est resté un mystère. Je m'en suis rappelée plus tard et j'ai appris que c'était naître dans sa poche des eaux intacte, et effectivement c'est rare. Il m'est déjà arrivé depuis d'avoir fait naître un enfant coiffé, de penser à Finch en le faisant, et de dire à la mère que ça portait chance juste parce qu'un Whiteoak l'avait dit ;-) Et concernant le voisinnage, il me semble qu'on nous dit que le vieux Guy Lacey qui avait 82 ans dans le tome précédent, donc l'année dernière, est mort depuis à l'âge de 90 ans, ne cherchons pas...

 

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15 mai 2018

Mazo de la Roche - Jalna

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A Jalna, on prépare le centenaire d'Adeline comme une véritable fête nationale. En attendant, c'est l'effervescence. le courageux et sensible Piers, le plus rustique des cinq frères, a déclaré son amour à Pheasant, toujours proscrite chez les Whiteoak à cause du ressentiment de Meg, qui ne parvient pas à pardonner à Maurice. Au bout de vingt ans, ce malentendu cessera-t-il enfin ?

En revanche, tout semble sourire à Eden. De New York, où il a réussi à se faire publier avec succès, il revient avec des rêves de gloire et une promesse de bonheur en la personne d'Alayne Archer, sa jeune éditrice. La jeune femme découvre le charme de la vie à Jalna mais aussi l'attrait sauvage de Renny, le maître des lieux.

L'anniversaire d'Adeline promet d'être mouvementé.


 

Nous y voilà, c'est le tome originel, celui par lequel tout a commencé. Et en effet, il se passe pas mal de choses dans cet opus. Mais je commencerais par reprendre le résumé. J'aime beaucoup Piers, mais je n'aurais jamais songé à le qualifier de "sensible" ...  Ensuite je ne suis pas certaine que Meg nous pardonne de parler de "malentendu" à propos de l'enfant illégitime que son fiancé a eue juste avant leur mariage. Quant à Alayne, ce n'est pas le charme de la vie à Jalna qu'elle découvre, de son point de vue c'est plutôt l'ennui. Enfin, broutilles.

Jalna nous raconte donc les histoires d'amour des frères et soeur Whiteoak, et cela va bon train. Les couples se font, se défont et parfois se reforment, à nous en faire un peu perdre notre latin. Les caractères des plus jeunes Whiteoak s'affinent, et l'auteur nous offre encore quelques délectables disputes de famille. Eden revient victorieux de New York, il a enfin publié ses poèmes et ramène une femme, une intellectuelle qui porte un nouveau regard critique sur le microsome qu'est Jalna. En cela elle rappelle un peu Mary Wakefield à son arrivée. J'ai essayé d'aimer Alayne, mais je n'y ai qu'à moitié réussi. Je comprends son sentiment d'être une étrangère dans cette maison haute en couleur, elle qui vient d'une petite famille de trois où tout était calme et bien rangé. j'aime qu'elle essaie de se nouer d'amitié avec Pheasant et les oncles. Mais son côté hautain m'agace toujours, et puis il faut avouer que même si elle sauve probablement un peu Finch, elle met le bazar dans la famille ! Eden s'affirme ici de plus en plus égoïste, délaissant sa femme et la promesse d'un travail stable et d'une maison à eux, au profit de sa petite personne, n'ayant que faire des retombées de ses actes autour de lui. Et malgré tout cela, j'aime toujours ce personnage un peu nébuleux, rêveur et volontaire, qui vit dans son propre monde régit uniquement par ses envies. Eden n'a jamais été fait pour vivre en collectivité, et surtout pas au sein de cette famille un peu étouffante et moralisatrice, il part à la fin et c'est ce qu'il avait de mieux à faire, cette province de l'Ontario est trop petite pour lui. Piers est presque tout le contraire d'Eden, à l'exception qu'ils sont probablement aussi tétus l'un que l'autre et ont cette même propension à tourmenter leurs plus jeunes frères pour passer le temps. Piers est un personnage que j'avais beaucoup aimé à mes premières lectures et que je m'attendais à trouver moins intéressant maintenant, or ce n'est pas du tout le cas. J'aime son personnage entier, il est fait d'un seul bloc, solide et fidèle. Piers ne comprend rien à l'art, ni à la littérature ni à la musique, c'est un garçon de la campagne qui aime s'occuper de ses chevaux, de ses pommes et retrouver sa jeune femme. Il a choisi Pheasant contre l'avis de sa famille et n'admet pas qu'on la traite mal, elle est la femme de sa vie et la fille de Maurice Vaughan, elle mérite d'être considérée en tant que telle. Et la famille se range à la volonté de Piers. Il n'est peut-être pas un personnage très nuancé, mais on doit lui reconnaître sans trop spoiler qu'il sera probablement le seul Whiteoak (mis à part Philippe, le premier du nom) à être fidèle toute sa vie à la même femme. Même si on ne peut pas vraiment compter le deuxième mariage de Philippe II, il était veuf le pauvre. Et que Wake ait aussi une histoire amoureuse compliquée dont il n'est pas pas du tout responsable, enfin nous en reparlerons dans 5 tomes. Piers est constant, on ne peut pas lui enlever ça. Finch maintenant, est presque un homme qui se débat dans un corps d'adolescent maladroit. Beaucoup de lecteurs aiment Finch, moi il me met mal à l'aise, j'avoue préférer du loin l'adulte qu'il deviendra. Finch n'est pas sûr de lui et chez un Whiteoak c'est prêter le flanc aux railleries. Celles de Piers d'abord qui le prend pour un idiot, celles d'Eden qui se moque de ses maladresses et hésitations, et même celles du jeune Wake donneur de leçons. Renny ne le comprend pas mais garde un regard bienveillant sur ce jeune frère un peu original qu'il faut aider à sortir de son cocon, même s'il s'y prend plutôt mal. Finch est médiocre en cours, carrément mauvais en algèbre et se sent persécuté par tous les habitants de Jalna. Et pourtant on décèle chez chacun des Whiteoak un regard affectueux sur Finch, parfois très furtif, même chez Piers. C'est probablement l'arrivée d'Alayne dans la famille qui va aider Finch, elle va convaincre Renny d'engager un vrai professeur de piano pour donner des leçons à Finch qui se révèle très prometteur dans ce domaine. Les passages sur Finch ne sont pas mes préférés, ce garçon me met mal à l'aise tellement il l'est lui-même, mais je comprends qu'on puisse aimer ce personnage, il est touchant. Et puis vient Wakefield, ce petit dernier à la santé fragile qui dort chaque soir dans le lit de Renny. Wake est tout bonnement insupportable, un vrai petit Whiteoak déjà imbus de lui-même à neuf ans. il faudra attendre son passage à l'âge adulte pour qu'il s'assagisse. Et pourtant j'ai toujours été attachée à ce petit bonhomme, j'aime les côtés qu'il fait ressortir chez Renny. L'aîné des Whiteoak a une affection toute particulière pour ce plus petit frère qu'il a élevé, ce qui le rend parfois tout à fait injuste envers Finch. Oui Finch est parfois très durement traité par Renny. Dans ce tome le chef de famille se voit tiraillé entre ses sentiments pour une femme et son amour pour ses frères, et si lui ne peut imaginer trahir un de ses frères, Eden lui, ne se pose pas toutes ces questions. De leur côté, les oncles et Gran  observent tout ce petit monde sans oublier de donner leur avis, ils sont plus spectateurs qu'acteurs. La tante Augusta fait son retour sur la fin du livre, désormais veuve, c'est une femme un peu guindée, habillée à l'ancienne, mais finalement bien plus moderne que ses frères dans le regard qu'elle porte sur la jeune génération.

Il s'agit d'un tome fondateur, la dynamique des Whiteoak sera ensuite toute différente de ce qu'elle était avant "Jalna", c'est là que naissent des rivalités qui seront parfois insurmontables, que d'autres disparaissent. C'est probablement finalement par celui-là qu'il faut commencer, et ensuite décider soit de les lire dans l'ordre où ils ont été écrits, soit de façon linéaire du 7 au 16 puis lire les 6 "prequels".

Concernant la continuité, j'ai encore relevé des incohérences concernant la famille Lacey. Nous sommes en 1925 et les demoiselles Lacey ont 63 et 65 ans, leur père l'amiral Guy Lacey a 82 ans. Après un petit calcul, je reviens donc à l'époque de "Matins à Jalna" où Augusta était amoureuse de Guy. Il avait donc déjà 21 ans et 2 filles, ça ne colle pas Mme de le Roche ! Je suis également un peu perdue dans la configuration de la maison, j'avais toujours imaginé qu'il y a avait 4 chambres au 1er étage et 2 ou 3 au 2ème étage, mais la maison semble extensible. On sait que Gran dort au rez de chaussée, que Nicolas, Ernest, Meg et Renny ont leurs chambres au 1er et qu'au dernier étage Piers et Finch partagent une chambre et qu'Eden dort à côté. J'imaginais que Wake devait avoir une chambre au 2e également même s'il dort toujours avec Renny. Pour le reste j'imaginais plus ou moins que Renny avait récupéré la chambre qui était celle de son père, que Meg avait l'ancienne chambre d'Augusta, qu'Alayne récupèrerait par la suite. En fait ça semble plus grand car dans ce tome, Nick, Ernest, Meg et Renny ont bien chacun leur chambre au 1er et Eden et Alayne en récupèrent une également ainsi que Piers et Pheasant, et où dort Augusta ? Pas au grenier avec les enfants j'imagine... Ca dérange un peu mon esprit cartésien j'avoue. 6 ou 7 chambres au 1er et on fait dormir Piers et Finch ensemble au grenier au début du livre? 

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10 décembre 2017

Mazo de la Roche - Les frères Whiteoak

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La vie à Jalna, toujours dominée par l’imperieuse silhouette d’Adeline, ne ressemble jamais à un fleuve tranquille. Songeant à abandonner ses études pour tenter de se faire éditer à New-York, Eden, l’aspirant romancier, a de pressants besoins d’argent. Un certain Mr Kronk, financier avisé semble-t-il, lui fait miroiter une fortune rapide par un placement sur les mines du lac indigo. Le jeune homme entraîne tous les membres de sa famille dans cette aventure boursière, à l’exception de Renny, trop occupé par la préparation du Grand Prix.


 

Ce tome pourrait bien s’appeler  Les faits et gestes des Whiteoak. Il ne s’y passe pas grand chose d’important dans le grand schéma de l’histoire familiale, la compréhension de l’histoire globale de la saga ne serait pas gênée par son absence, et pourtant il aurait été dommage de s’en passer. Je crois qu’il s’agit d’un tome de remplissage écrit à posteriori lorsque les fans réclamaient des nouvelles des Whiteoak et que l’auteur pensait avoir déjà tout dit. Alors au lieu de nous raconter quelque chose d’important, elle nous creuse un peu les personnages. Eden tient ici la vedette, il et plein de rêves, d’ambitions et se fraie un chemin dans la vie. J’ai toujours aimé Eden et je ne me plaindrais jamais qu’on se penche sur son cas. Ce livre présente aussi le début de l’histoire d’amour maladroite entre Piers et Pheasant et ça c’est quand même essentiel. J’avais assez peu de souvenirs de ce tome qui a dû moyennement m’intéresser lorsque j’etais enfant, les histoires de placements financiers probablement. Chacun suit son petit bonhomme de chemin, Finch grandit, Wake commence à être insupportable (et dire que je l’adorais à l’époque...), Piers choisit la voie de la ferme et tombe amoureux, Eden est un jeune adulte qui veut s’affranchir de la vie que son frère a choisi pour lui, et ce faisant il va entraîner toute sa famille dans une opération boursière fumeuse, en toute honnêteté. Eden est un subtil mélange entre la forte tête des Whiteoak et les rêves de sa mère. Et pendant ce temps, Renny essaie de résister à Dilly, une jeune amie d’Augusta en séjour à Jalna. Dilly m’a beaucoup fait rire dans sa façon un peu grossière de vouloir conquérir le cœur du maître de Jalna, elle est à la fois agaçante et touchante. On sait que ses manœuvre ne mèneront à rien, mais c’est distrayant. Et en toile de fond un concours hippique, Pheasant qui met les pieds à Jalna pour entraîner un cheval et Meg qui fait toujours sa mauvaise tête. Nick et Ernest sont deux vieux monsieurs qui s’ennuient et cherchent des distractions, et Adeline commence à être un peu gâteuse.

je crois qu’à un moment il est à nouveau question du nombre d’enfants qu’à eu la mère d’Adeline mais j’ai oublié, j’ai fini ce tome il y a plus d’un mois! 

Il est amusant de voir que ce tome s’arrête exactement là où le suivant va commencer. Le suivant qui est d’ailleurs le tome fondateur de la saga, le tout premier.

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11 octobre 2017

Mazo De La Roche - L'héritage des Whiteoak

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De grandes difficultés attendent Renny et Maurice, de retour à Jalna après avoir héroïquement combattu en Europe durant la grand guerre. Maurice tente vainement de reconquérir Meg, qui supporte mal son humiliation. Déchiré entre le remord et l'amour qu'il lui porte encore, il sombre dans l'alcool. Renny doit reprendre en main le domaine plus ou moins laissé à l'abandon par ses frères pendant son absence. Pour se renflouer, il songe à gagner un grand Prix grâce au meilleur pur-sang de son écurie. C'est ainsi qu'il fait la connaissance et s'éprend de Chris Dayborn, belle cavalière anglaise croisée un jour chez Mrs Stroud, une aventurière amie des arts auprès de qui son frère Eden fait ses premières armes d'écrivain et de poète.


 

Nous voilà arrivé au point de la saga où les titres n'ont plus grande importance et sont tout à fait interchangeables, n'ayant pas grand rapport avec le sujet de chaque volume. Il faut un titre ? Mettons Whiteoak ou Jalna et affublons-le d'un autre mot qui fait romanesque. C'est aussi le volume dans lequel la famille met en place une dynamique qui la suivra un bon moment. Philippe et Mary sont morts, Renny prend les rênes de la famille et de l'éducation de ses jeunes frères, Meg est leur figure maternelle, la vieille Adeline régente tout ça de haut et les oncles (qui vivent désormais à Jalna) les regardent vivre de leur fauteuil au coin du feu. Jalna c'est l'histoire de ces six frères et soeur qui grandissent ensemble, qui vont apprendre à vivre, à aimer, se marier, avoir des enfants, tout le reste n'est guère que Prequel.

Dans ce tome, Renny tombe amoureux et vivra une idylle secrète et impossible, qui bien que courte n'en est pas moins importante dans l'histoire générale. Il est intéressant pour ceux qui connaissent la saga dans son ensemble de savoir que juste après ce livre (le 5e dans la chronologie), l'auteur a enchaîné sur l'écriture du 12e "Le destin de Wakefield", dans lequel Wakefield a, à son tour, des amours contrariées. Donc Renny est amoureux de Chris, mais il a aussi pas mal d'autres nouvelles choses à gérer. Le domaine dont il a hérité de son père, les avis et reproches de sa famille, et l'éducation de ses frères. Notament Eden qui lui donne du fil à retordre. Eden est passé d'un tome à l'autre du petit garçon idolâtrant son frère, à un jeune homme de dix-huit ans qui aspire à autre chose de la vie que ses études de droit. Eden écrit des poèmes, et ça ne plait pas tellement à son aîné, il sèche les cours pour aller discuter littérature avec une femme veuve bien plus âgée (35-40 ans selon mes estimations), une intriguante selon les Whiteoak, qui mettront un place des stratagèmes pour les éloigner. Piers et Finch ont quinze et onze ans et ne posent pas tellement de problèmes. Wakefield, le petit dernier orphelin de naissance et trop gâté, a quatre ans et développe une peur panique envers ce nouveau grand frère, ce qui vexe grandement Renny. Meg est insignifiante. Et puis il y a Pheasant, l'enfant illégitime de Maurice, qui grandit seule avec une gouvernante à Vaughanland depuis le décès de ses grands-parents et rêve d'attirer l'attention de son père. Maurice est une loque incapable de faire quoi que ce soit à part noyer son chagrin d'amour vieux de douze ans. Alors Pheasant court les champs, joue avec Finch et se raccroche à l'affection de Renny. Renny, cette bonne vieille tête rouge n'aime rien tant que d'avoir des enfants autour de lui, et prend sous son aile la petite fille de son ami.

L'intêret de ce tome est dans les interactions entre les membres de la famille (qui ne sont pas si nombreuses cette fois) et l'intrigue autour de Chris et du Grand National. On apprend également à connaître Eden, qui est un personnage que j'affectionne particulièrement. Il est le premier Whiteoak à réellement vouloir se lancer dans une carrière artistique (Ernest  et son interminable livre sur Shakespeare ne compte pas), il a un tempérament obstiné, il est bon en sports mais ne s'y intéresse pas le moins du monde. Eden est un subtil mélange entre le caractère bien trempé des Whiteoak et la sensibilité de sa mère Mary. L'intrigue avec Mrs Stroud en revanche m'ennuyait fermement quand j'étais enfant et c'est toujours le cas. Cette femme ne m'intéresse tout simplement pas et n'amène que des problèmes. Certes ça sert l'intrigue du livre, mais c'est long...

Et enfin le petit point continuité. Comme d'habitude on entend Adeline parler de sa famille irlandaise, cette fois sa mère n'aurait pas eu 11 enfants mais 16. Je crois qu'il faut plutôt rester sur la version 11 qui est plus fréquente, on va dire que la vieille commence à yoyoter. Toujours est-il qu'elle mentionne ses frères Thadée et Abraham, ce qui ajouté à Judith, Conway, Sholto, Timothy et Esmond nous amène à 8 enfants Court, ça ne colle plus avec la version disant que 4 sont morts en bas-âge. Mazo De La Roche aurait vraiment pu prendre des notes... Concernant le voisinnage, on retrouve Lily Pink, la jeune fille de "Mary Wakefield" amoureuse de Philippe II qui avait joué du piano à lui et Mary, lors de leur première valse ensemble dans la lumière tamisée du salon. Actuellement elle est vieille fille célibataire et donne des cours de piano au troisième fils de Philippe et Mary, Finch. On regrette un peu de ne pas savoir de quoi est mort Philippe d'ailleurs. On sait juste qu'il est décédé pendant que Mary était enceinte de leur quatrième fils et qu'elle est décédée en couches quelques semaines après la naissance de Wake.

Aparté, j'avais découvert cette saga en regardant la série de l'été adaptée grosso-modo des tomes 4 à 8 lorsque j'étais enfant, et je n'ai jamais vraiment réussi à me défaire des images des acteurs. La vieille Adeline, Nicolas et Ernest ont tout à fait la tête de ceux qui les campaient dans mon imagination. Le problème c'est que les autres ont en majorité été assez mal choisis par rapport à leurs descriptions dans les livres ! Philippe et Mary n'étant présents que dans le premier épisode, j'ai pu totalement effacer leurs images pour les remplacer par deux beaux jeunes gens blonds. Meg était tout à fait adaptée, Renny sera toujours Serge Dupire en plus roux, et Eden sera toujours Benoît Magimel en plus blond. En revanche j'ai été trop amoureuse de Sagamore Stévenin pour remplacer son image de beau brun par le blond que Piers est censé être. L'acteur qui jouait Finch avait cette silhouette qui convenait plutôt bien au personnage, un peu dégingandé et pas très à l'aise dans ses bottes, enfin il était carrément brun aussi alors qu'il est toujours décrit très blond comme Piers. Sans parler de Wakefield, avec ses boucles brunes qui devient un petit rouquin et s'appelle Benjamin. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup !

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03 octobre 2017

Mazo De La Roche - Jeunesse de Renny

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Avec ses colères terribles, ses ruses, son autorité et sa profonde bonté, Adeline whiteoak règne en souveraine sur Jalna, l'immense domaine forestier qu'elle a jadis fondé sur les bords de l'Ontario, dans le grand nord canadien.

A l'approche de ses 80 ans, Adeline, entourée de ses 4 petits-enfants, s'apprête à célébrer le mariage de leur soeur Meg avec son voisin et ami d'enfance Maurice Vaughan. Mais Maurice ne peut cacher longtemps son secret et sa honte : l'enfant qu'il vient de faire à Elvira, la jolie sauvageonne du village. il se confie à Renny, son ami, l'héritier naturel de Jalna.


 

Voilà le tome par lequel j'ai commencé la saga à l'âge de 10 ans, et c'est là quele personnage de Renny commence à prendre de l'ampleur. ce personnage autour duquel le reste de la saga va tourner. Renny a vingt ans, il vient de se faire virer de l'université et il apprend la vie. Sa soeur Meg prépare son mariage avec Maurice leur ami d'enfance, leur père Philippe est marié à Mary, leur ancienne gouvernante, et ils ont eu ensemble deux fils, Eden et Piers. La vieille Adeline essaie toujours de tout régenter et Augusta, Nicolas et Ernest, les oncles et tante, sont là pour le mariage prévu.

Mary est très effacée dans ce volume, alors que le précédent lui était consacré, c'est probablement parce que l'auteur ne s'est intéressée à ce personnage que plus tard, ayant écrit "Mary Wakefield" 14 ans "Jeunesse de Renny". Philippe est également moins affirmé puisque les différents intrigues ne le concernent pas aussi directement que dans le tome précédent, mais j'aime toujours son personnage, ce côté indifférent à toute critique. Philippe mène tranquillement son petit bonhomme de chemin sans se préoccuper de ce que les autres (sa mère) en pensent. J'ai bien aimé aussi sa relation avec ses deux aînés, un peu maladroit mais affectueux avec une Meg bouleversée, vigilant face aux faits et gestes de Renny, mais le soutenant lorsque le reste de la famille le critique. Les principaux arcs de ce roman concernent Meg et Renny. D'abord Meg qui voit ses projets de mariage chamboulés par l'arrivée de l'enfant naturel que Maurice a fait a une jeune fille du village, elle qui n'a jamais laissé Maurice ne serait-ce que l'embrasser. Elle se déride tout de même avec son amie Vera Lacey toujours là pour lui changer les idées et avec Renny avec qui elle forme une joyeuse bande de conspirateurs. Les deux jeunes gens prennent plaisir à inventer toutes sortes de mauvaises blagues pour faire fuir Malahide, un invité indésirable qui prend racine à Jalna. Malahide est ce cousin éloigné irlandais, fauché, qui s'incruste et s'attire les bonnes grâces d'Adeline, qui par pur esprit de contradiction, décide d'en faire son cousin préféré. Malahide se mêle de ce qui ne le regarde pas et rapporte tous les petits secrets des Whiteoak à la vieille Adeline. Ces passages sont assez distrayants, et je me suis aperçue, alors que je n'avais pas lu ce livre depuis une dizaine d'année, que je me rappelais encore par coeur du charmant poème que le petit Eden récite à Malahide. Le cousin est tout à fait déplaisant, faisant ressortir des côtés assez méchants de Renny. Renny lui, va faire l'expérience des premières amours, une femme avec qui il découvrira les plaisirs du corps, et une pour qui il éprouvera ses premiers émois amoureux. On lui prédira deux grands amours dans sa vie, une femme dont le prénom commence par un C et une dont le prénom commence par un A. Vous en saurez plus à ce propos dans le prochain tome puis dans le tome 7. Meg est un peu outrée de le voir embrasser une jeune fille dans un verger, pour elle cette jeune fille se comporte comme "une fille de ferme", ah 1906... Ce volume marque l'apparition des premiers fils de Philippe et Mary. Eden a cinq ans et voue un culte à Meg et Renny qui l'adorent également. la relation entre Renny et le petit Eden est très touchante malgré les quinze ans qui les séparent. Piers n'est encore qu'un bébé de deux ans qui pase de bras en bras.

Concernant la continuité, j'ai passé un peu de temps à essayer de comprendre d'où venait cette Vera Lacey. Il se trouve qu'elle est la petite fille de Guy Lacey, celui qui avait deux filles dans le tome 3 et qui courtisait Augusta dans le 2. Ca ne collait pas tellement. On apprend à un moment que Guy Lacey a 70 ans en 1906, ce qui nous ramène donc à l'époque de matins à Jalna (1964-65 environ) à un homme de 29 ans qui s'intéresse à une jeune fille de 14 ans... Et qui a probablement eu un fils juste après pour pouvoir avoir une petite fille de vingt ans 41 ans après. Un fils dont on ne nous a jamais parlé dans Mary Wakefield alors que les deux filles Lacey (Violet et Ethel) étaient tout à fait présentes. Bon, bref, l'auteur attache manifestement moins d'importance que moi à ce genre de détails...

Allez, next !

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26 septembre 2017

Mazo De La Roche - Mary Wakefield

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Chargé de trouver une gouvernante pour les enfants de son frère Philip qui vit au Canada, Ernest Whiteoak engage Mary Wakefield sur sa bonne mine.C'est en arrivant à Jalna que la jeune fille prend la mesure de son inexpérience mais, si ses élèves ne sont pas des anges faciles à mener, leur père n'a rien non plus du vieux veuf ventru qu'elle imaginait.A peine Mary commence-t-elle à se rasséréner que le reste de la famille revient d'Europe et s'alarme ; Mary ne répond guère à l'image rébarbative des gouvernantes traditionnelles.Un complot s'ourdit pour réparer la "gaffe d'Ernest" et faire partir Mary avant que Philip s'avise de se remarier avec elle. C'est compter trop sur la nonchalance de Philip et pas assez sur son entêtement. Il s'ensuit une période mouvementée d'une importance capitale pour l'avenir des Whiteoak de Jalna.


 

Nous voilà avec le troisième tome de la saga de Jalna. Je vous le dis tout de suite, je l'ai beaucoup aimé, bien mieux que les deux premiers ! Les deux personnages principaux sont Mary et Philippe II, et contrairement à Adeline et Philippe I dans les volets précédents, ces deux-là sont tout à fait agréables. On fait un saut de 30 ans depuis le tome 2, et pas mal d'événements se sont déroulés. Il nous manque un tome intermédiaire, qui aurait par exemple raconté la mort de Philippe I, le premier mariage de Philippe II, la vie de jeunes adultes d'Augusta, Nicolas et Ernest, le mariage et le divorce de Nicolas. C'est probablement la plus grande lacune de la saga. Philippe I était un des personnages principaux des 2 premiers romans, et on ne nous dit ni quand, ni comment il est mort, on devine seulement que cet événement a eu lieu au cours des quinze précédentes années, puisqu'il a offert un nouveau perroquet à sa femme quinze ans auparavant. Il y a ensuite eu le mariage de Philippe II avec Margaret, la fille du Dr Ramsay, femme décrite comme caractérielle et ne s'entendant pas du tout avec Adeline. Elle est la mère de Renny, futur personnage central de la saga, et nous ne l'avons jamais vue. Puis ce mariage éclair de Nick, qui fait partie de la légende familiale, il a épousé une fille qui l'a plumé en divorçant. Nicolas a peu d'intrigues, ça aurait été une bonne idée d'intégrer celle-ci à ce troisième opus. Au lieu de ça, Gussie, Nick et Ernest sont trois personnages assez effacés, en toile de fond de ce romans, spectateurs de la bataille entre leur mère et leur jeune frère. Pour les trois enfants que nous avions appris à connaître et à aimer dans "Matins à Jalna", c'est frustrant. Augusta est reléguée au rôle de vieille tante à cheval sur les principes, Nicolas est presque transparent, et Ernest fait figure humoristique à toujours défendre sa vieille maman. A côté d'eux, Philippe est un homme qui sait ce qu'il veut et entend ne pas se laisser marcher sur les pieds par son dragon de mère, ça change.

Nous entrons donc dans ce livre par un personnage extérieur, Mary, qui pose un regard neuf sur la maisonnée et ses traditions du vieux monde. Les Whiteoak vivent au Canada depuis quarante ans mais, mis à part Philippe, sont toujours ancrés en Angleterre (où vit Augusta, et partiellement Nicolas et Ernest). Mary, elle, est une anglaise moderne et ne comprend rien à ces coutumes. On fait ensuite connaissance avec les deux enfants à qui elle est venue enseigner, Meg et Renny orphelins de mère depuis tout petits. Le traducteur français s'embrouille dans les dates, mais en lisant la version anglaise il semble que Margaret soit décédée lorsque Meg et Renny avaient 4 et 2 ans. Meg est une petite fille capricieuse et jalouse tout à fait antipathique. On pourrait le lui pardonner dans le contexte du livre, mais je sais qu'elle restera ainsi plus tard, je n'ai jamais tellement aimé Meg. Renny en revanche est un gamin franc et affectueux, je l'ai tout de suite bien aimé. Vient alors Philippe, maître de Jalna, pas tellement à cheval sur les principes, qui met la main à la pâte à la ferme et mène une vie plutôt simple dans son beau domaine. Philippe et Mary s'entendent tout de suite bien, Philippe est avenant, Mary est très jolie, il aime ses enfants, elle fait de son mieux avec eux, elle lui lit des poèmes dans l'herbe. Puis arrive la Famille, avec un grand F. Et alors on assiste au procès de Mary, elle s'habille trop bien, est trop jeune et jolie, fume des cigarettes et met du rouge sur ses lèvres. Alors pour nous il n'y a pas de quoi fouetter un chat, mais pour 1890, c'est une affreuse chasseuse d'hommes !  Ca ne plaît pas à Adeline qui refuse de voir son fils de 35 ans se remarier, elle ne s'entendait pas du tout avec sa précédente femme, pas question d'avoir une nouvelle rivale dans la maison. Ou alors, au moins une jeune fille avec une belle dot, mais Mary n'en a pas. A partir de là, Adeline va manoeuvrer pour jeter Philippe dans les bras d'une jeune fille riche et Mary dans ceux de Clive Busby, un ancien du coin parti vivre à l'autre bout du pays. On dirait que les Busby ne sont dans le voisinnage que pour le bon plaisir d'Adeline qui tente de leur faire épouser les professeurs de sa descendance. On se souvient  30 ans auparavant d'Amelia Busby qui épouse Lucius Madigan (le précepteur de Gussie, Nick et Ernest), et de ce dernier qui prend la fuite au bout de deux jours. Bon je vous spoile un peu et vous annonce que ce Busby-là n'aura pas plus de réussite que la précédente. J'ai particulièrement aimé la façon dont Philippe tient tête à sa mère et la remet à sa place. Dans mon souvenir, il est le seul (avec son père) à oser faire ça dans toute la saga, et ça fait du bien à la vieille Adeline qui pense pouvoir régenter la vie de tout le monde. Les scènes familiales sont savoureuses, j'aime la manière dont ils se moquent les uns des autres, les disputes des Whiteoak sont mes moments préférés, pas de langue de bois, tout le monde en prend pour son grade, et dans ce volume Philippe aime bien remettre sa mère à sa place. Ce roman est frais et léger, Philippe est sympathique, on a envie qu'il soit heureux, il est un papa aimant (qui ne bat pas ses enfants pour un oui, pour un non comme son père), et d'un naturel plutôt charmant. Mary est une jeune femme qui n'a plus d'attache et se retrouve un peu perdue, elle est jugée pour des choses qui ne nous choquent pas tellement, on a envie que tout se termine bien pour elle aussi. Et on aimerait bien mettre un coup de pied dans le derrière de la vieille Adeline.


 

"Adeline ignora cette déclaration et demanda :

- Mr Pink savait-il que j'ignorais (spoiler, phrase tronquée !)

- Il ne savait rien. (note de la blogueuse: répondit Philippe)

- Si je croyais qu'il le savait, cria-t-elle, je le chasserais et il ne me faudrait pas trois semaines pour cela ! Trois minutes me suffiraient !

- Maman, vous n'êtes pas un achevêque, ni même un évêque, dit Philippe tranquillement.

- C'est ton père et moi qui avons construit cette église.

- Est-elle encore à vous ?

- Philippe, protesta Ernest, as-tu fini d'être grossier à l'égard de maman ?

- Avez-vous tous fini de prendre ma défense ? répliqua Adeline. Je n'ai besoin de personne pour me défendre contre ce jeune gredin doublé d'un ingrat."


Dans la toile de fond générale du voisinnage, j'essaie de repérer qui est qui dans chaque famille. Clive Busby est le fils d'Isaac que nous avons aperçu dans les deux volumes précédents, lui-même un des cinq enfants d'Elibu. Il est précisé qu'une tante Busby, Abigail une des soeurs d'Isaac, vit à 30 miles de Jalna, on ne sait pas si le reste de la grande famille a déménagé ou s'il reste des Busby dans le coin. Probablement pas car Clive séjourne chez les Vaughan. Chez ces derniers Robert, le fils du couple Vaughan qui a accueilli Adeline et Philippe dans le pays, a eu un enfant sur le tard (vers 45-50 ans selon mes calculs), c'est le jeune Maurice qui a l'âge de Meg et dont on entendra plus parler par la suite. Chez les Lacey, la famille actuelle est celle de Guy, le jeune homme dont Augusta était amoureuse dans "Matins à Jalna", il s'est marié et a eu deux filles Ethel et Violet qui ont presque trente ans. On ne nous dit pas ce que sont devenus les parents de Guy et les deux petites soeurs qui avaient l'âge de Philippe. Oui, je sais, parfois je suis mieux les personnages de Jalna que l'auteur elle-même... Wilmott a tout bonnement disparu, on apprendra dans 12 tomes qu'il est mort en sauvant Philippe II d'une noyade certaine lorsqu'il était enfant. Philippe avait alors promis d'appeler un de ses fils James Wilmott. Bon, spoiler, aucun de ses fils ne s'appelle comme ça, ingrat ! Et concernant la famille d'Adeline, elle parle parfois de son père Renny qui est maintenant mort et qui aurait élevé onze enfants. On oublie donc que 4 sont morts en bas-âge sur le tas ? Et Adeline parle encore de ce que son père aurait fait à elle ou ses frères, ce qui confirme ma théorie disant que la soeur Judith qui apparait au début de "Naissance de Jalna" a été oubliée immédiatement après avoir été mentionnée.

 

 

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22 septembre 2017

Mazo De La Roche - Matins à Jalna

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Nous revoilà en compagnie des Whiteoak pour le 2e tome de la saga. Une petite dizaine d'année a passé, les enfants sont désormais quatre et la famille est bien installée dans sa province et dans sa maison. Augusta balance entre les manières qu'une jeune fille doit acquérir au 19e siècle et les jeux d'enfants avec ses frères. Nicolas est un gamin franc et bien droit dans ses bottes. Ernest, plus délicat est le petit troisième espiègle à protéger, à la santé fragile. Et enfin le bébé Philippe avec ses belles boucles blondes et le préféré de ses parents et n'aspire qu'à grandir pour rejoindre ses frères et soeur dans leurs aventures. Philippe (le père) et Adeline manifestent dans ce tome un peu plus d'affection pour leurs enfants que dans le précédent, et certaines scènes sont plutôt sympas à lire.

La première intrigue de ce tome tourne autour de la venue d'amis du Sud des Etats-Unis, qui fuient leurs plantations de cotons avec leurs esclaves dans le contexte de guerre de sécession. Ce sera bien une des seules fois de la saga que les événements extérieurs auront un impact sur la petite vie à Jalna. Et encore, les Whiteoak y prennent bien peu parti. Les Sinclair sont donc accueillis à Jalna, au grand damne des voisins, notament les Busby, qui prennent activement parti pour le Nord. Adeline et Philippe s'intéressent peu à la cause et se contentent de tremper un orteil du côté du sud en constatant que les esclaves des Sinclair sont bien traités et ne veulent pas quitter leurs maîtres. ils autorisent alors les Sinclair à organiser des réunions secrètes la nuit à Jalna pour conspirer avec leurs alliés. Oui, c'est un peu gênant, les Whiteoak sont plutôt pro-esclavage... Au final la guerre de Sécession sert de contexte mais est très peu exploitée, à part comme raison au séjour des Sinclair et à l'éloignement du reste de la petite communauté du coin. On nous montre des esclaves bien traités et un couple de riches exploitant qui perd sa fortune, sans parler le moins du monde de l'autre côté du miroir. Oui, bon, soit... Oublions !

La deuxième partie du récit s'attache aux enfants Whiteoak, principalement aux trois grands qui ont entre 10 et 14 ans. La vie dans le grand Nord, le précépteur irlandais un peu alcoolique, les pique-niques au bord du lac et les balades en raquettes. Ca donne presque envie d'avoir nous aussi grandi dans ce petit paradis. Presque, parce qu'on n'a pas tellement envie non plus de se faire battre à coups de ceinture quand quelque chose ne plaît pas aux parents ... On fait connaissance avec ces trois enfants et leurs personnalités bien distinctes. C'est amusant car vu l'écart qui se situe entre les tomes 2 et 3, puis 3 et 4, nous ne les reverront ensuite que presque vieux. Et sans vouloir trop spoiler non plus, ne vous attachez pas trop à Wilmott, vous n'aurez plus de nouvelles de lui ensuite. Il disparait entre les tomes 2 et 3 sans explications, avant d'apprendre au détour d'une page du tome 15 qu'il est mort noyé en sauvant le petit Philippe dans un ravin. C'est le problème d'avoir écrit les livres dans le désordre....

J'ai préféré ce tome au 1er, Adeline et Philippe m'ont été plus sympathiques, malgré cette histoire d'allégeance au Sud. J'ai bien aimé Philippe surtout, qu'on connait finalement assez peu car il disparait relativement tôt dans la saga. J'ai entamé le tome 3, Mary Wakefield, et pour l'instant je l'aime encore mieux que Matins à Jalna.

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06 septembre 2017

Mazo De La Roche - La naissance de Jalna

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Quand ils se rencontrent, c'est le coup de foudre. Pour Philippe Whiteoak, toutes les femmes sont des laiderons stupides auprès de la jolie Adeline Court. Aux yeux de la pétulante Irlandaise, nul homme n'a plus belle prestance que le capitaine Whiteoak. Leur mariage dépasse en splendeur ce qu'a connu la ville indienne de Jalna. Mais la naissance d'Augusta met fin à leur vie brillante - et l'ennui vient.
La mort de leur oncle de Québec qui leur laisse une fortune considérable les décide à quitter les Indes. Ils font halte en Angleterre, puis en Irlande. Après un faux départ et maints incidents, leur voilier les conduit à Québec, d'où ils partent s'installer dans les verts espaces de l'Ontario.


 

Relire les Jalna, c'est quelque chose que j'ai eu l'intention de faire plusieurs fois au cours de ces quinze dernières années. La curiosité m'a finalement poussée à m'y mettre. Curiosité de redécouvrir une saga qui m'a passionnée alors que j'étais encore en primaire, et que j'ai lue et relue d'une façon tout à fait désordonnée tout le long de mon adolescence, changeant régulièrement de personnage favori au fur et à mesure que je grandissais. Je l'avais initialement lue dans le désordre, commençant par le tome 4, le premier "La Naissance de Jalna" est donc un des derniers que j'ai lu, et il ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable.

Au final, j'ai bien plus apprécié "La naissance de Jalna" à l'âge adulte, mais je ne suis pas sûre pour autant qu'il m'aurait donné envie de lire la suite si je ne savais pas déjà ce qui m'attendait. Il faut savoir que cette saga a été écrite dans le désordre le plus complet, et que lorsque Mazo De La Roche a entreprit l'écriture de celui-ci, elle avait déjà écrit 8 des tomes suivants. L'histoire qu'il raconte est déjà connue, et les lecteurs sont déjà attachés à Adeline qui en est le personnage principal, c'est un prequel, et dans ce sens je trouve qu'il est fait assez peu d'efforts pour nous faire aimer le couple mythique. Or il s'agit là bien de la base de la saga, qui relatera plus tard l'histoire des petits-enfants d'Adeline et Philippe. Tout le long des tomes suivants on nous répètera à quel point ces deux-là étaient courageux, exemplaires. En effet ils sont jeunes, beaux, ont de l'argent et partent à la conquête du nouveau monde, mais ils sont loin d'être sympathiques, au début tout du moins. On les voit quitter l'Inde où ils étaient établis, passer par l'Angleterre et l'Irlande et débarquer à Québec, avant de faire cap vers l'Ontario et ses grands lacs. On connaissait déjà l'histoire de la traversée abominable de l'Atlantique, d'Adeline malade et de Philippe obligé de prendre soin de sa fille qu'il pique malcontreusement avec une épingle à nourrice, racontée des années plus tard dans les tomes suivants (déjà écrits donc), et voilà qu'on y assiste.

Ce qui m'a plu dans ce "prequel" ce sont les personnages secondaires. J'ai aimé faire connaissance avec la famille d'Adeline, le vieux Renny, Conway et Sholto. Devenue âgée, Adeline ne cessera d'encenser l'Irlande et sa famille auprès de ses petits-enfants, on s'aperçoit finalement en la voyant avec eux qu'elle les critiquait aussi vertement qu'elle y était attachée. La dynamique qu'elle a avec son père et ses frères est intéressante, j'aurais aimé la voir plus longtemps en Irlande. Et en parlant des Court (la famille d'Adeline donc) j'ai parfois l'impression de suivre mieux que l'auteur le fil de son récit, elle s'emmêle les pinceaux dans le nombre de frères et soeur qu'a Adeline. Il est dit à plusieurs reprises que sa mère a eu 11 enfants, puis deux fois que 4 sont morts en bas âge, et une fois 5 morts en bas-âge.  Il y aurait donc 6 ou 7 enfants Court, or Adeline mentionne ses 5 frères, et une soeur apparait en début de livre. J'ai donc essayé de m'y retrouver et voilà de qui me semble être constituée la fratrie Court : Judith (soeur mentionnée en début de récit puis... plus jamais), Adeline, Timothée (le petit frère apparaissant lors du séjour en Irlande), Conway et Sholto (les deux frères qui partent sur le bateau avec les Whiteoak), Esmond (un frère qui vient les rejoindre à Jalna pour le baptême d'Ernest), "une frère marié" non prénommé (apparaissant en Irlande lorsqu'il vient dîner chez ses parents). Je pense que Mazo De La Roche a complètement oublié qu'elle avait donné une soeur à Adeline et que cela explique qu'elle se soit perdu dans les comptes. Bref, les frères d'Adeline sont des personnages agréables, qui ne sont pas coincés dans les coutumes de la vieille Angleterre du 19e siècle. Attention, petit scandale lorsqu'ils organisent une soirée baignade mixte au lac ! J'ai aussi beaucoup aimé Wilmott ( James dans la version originale, Jacques dans la version française de "La naissance de Jalna", puis James à nouveau dans la version française du second tome... J'ai l'impression que personne n'a relu ces livres avant de les imprimer parfois !). Adeline est une caricature d'elle-même, orgueilleuse à point, égoiste, elle met au monde des enfants non désirés qu'elle tolère à peine. Son personnage commence à s'adoucir auprès de James Wilmott qui devient un ami proche au Canada, elle commence enfin à faire quelque chose pour quelqu'un d'autre qu'elle-même et se fiche du qu'en dira-t-on, c'est là que j'ai commencé à retrouver l'Adeline dont je me rappelais. Certains passages concernant Adeline sont tout de même risibles, comme celui où elle essaie de s'évanouir sur commande en voyant pour la première fois le terrain sur lequel Jalna sera bâti. Philippe m'a paru moins caricatural, mais il est moins présent qu'Adeline, ce sont à ses états d'âmes à elle que nous assistons. Face à cette jeune Adeline, je ne pouvais pas m'empêcher de la comparer avec son arrière-petite-fille qui sera son portrait craché, eh bien je préfère clairement la seconde ! Adeline II sera plus généreuse et plus sensible que son arrière-grand-mère. Alors que les générations suivantes passeront leur temps à aduler Adeline et Philippe, il me semble au contraire que la famille s'est améliorée avec les années. Par ailleurs j'ai bien aimé voir les ancêtres de tous ceux qui constitueront la petite communauté des prochains livres, les Lacey, les Busby, les Vaughan, les Pink le Dr Ramsey (grand-père maternel du futur personnage principal des tomes suivants)...

La saga de Jalna raconte l'histoire d'une famille d'origine anglaise et irlandaise, s'installant dans le Canada sauvage au milieu du 19e siècle, le couple pionnier mit en scène dans "La naissance de Jalna" et les 4 générations suivantes, mais je ne crois pas qu'elle soit faite pour être lue dans l'ordre chronologique. Les trois premiers font office de prequels, racontant les 50 premières années en pointillés, et les 13 suivants relatent de façon bien plus détaillée les 50 suivantes. Je pense que le plus logique est de commencer au tome 4 "Jeunesse de Renny" puis de continuer jusqu'au tome 16 puisqu'ainsi il ne se passe pas plus de 4 ans entre les intrigues de chaque livre, puis de lire les trois premiers après. C'est ce que j'ai fait à l'époque et ça me semble avoir plus de sens que de commencer par celui-ci qui est plein de clins d'oeils à la suite que l'on est censé déjà connaître. En tout cas, ça me fait plaisir de replonger dans la vie des Whiteoak.

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29 septembre 2015

Camilla Läckberg - L'enfant allemand

Camilla Läckberg - L'enfant allemand

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Pourquoi la mère d'Erica avait-elle conservé une médaille nazie ? Erica contacte un vieux professeur retraité à Fjällbacka pour essayer de comprendre l'histoire. Quelques jours plus tard, l'homme est assassiné. La visite d'Erica a-t-elle déclenché un processus qui gêne et qui, en tout cas, remue une vieille histoire familiale ? Patrik Hedström, en congé parental, ne va pas rester inactif.


 

 

 

Me revoilà avec la poursuite de mes lectures dans la saga Erica Falck. Celui-ci est le 5ème, je n'ai pas chroniqué le 4ème car je ne l'ai pas lu. Suite à une fausse manip au moment de partir en vacances, je l'ai supprimé de ma liseuse... Mais comme on ne m'en a pas dit beaucoup de bien, l'idée de le zapper n'a pas été très difficile à accepter. On retrouve donc Erica qui essaie de reprendre son boulot de romancière après un congé parental de durée indéterminée mais d'un moins un an dirais-je. C'est Patrick qui prend le relais, comme beaucoup d'hommes suédois, la parité dans le congé parental c'est quelque chose d'essentiel dans les pays scandinaves. Dans le tome que je n'ai pas lu Anna s'est manifestement retrouvée acquittée du meurtre de Lucas et a trouvé le réconfort dans les bras... de l'ex de sa soeur, normal. Et Martin va avoir un bébé.

L'intrigue m'a beaucoup plue, tout ce qui tourne autour des secrets de famille me passionne facilement. Le lecteur habitué de la saga ne sera pas dépaysé, il y a toujours une partie de l'intrigue qui se situe dans le passé et qui est présentée sous forme de flashbacks fréquents. De ce côté toujours la même critique : c'est intéressant mais trop lent. Les flashbacks sont courts et n'apportent pas assez à la fois, le lecteur est frustré. L'enquête en elle-même est lente aussi, j'ai fait une pause d'un mois dans ma lecture, le rythme n'était pas haletant ! Je ne me prnoncerai pas sur la résolution des meurtres, le coupable m'a été dévoilé par erreur par une amie alors que je n'avais lu qu'un tiers du livre... Mais le mystère est un peu plus épais que le simple meurtrier et j'avoue avoir deviné quelques twists bien avant qu'ils ne nous soient dévoilés. Malgré ça, j'ai trouvé l'intrigue très sympa, même si elle aurait méritée d'être un peu accélérée.

Le traitement des personnages est toujours le point fort de ces livres. La psychologie d'Erica et de sa mère sont forcément au centre du roman. Comme d'habitude, Patrick tient son rôle de second personnage principal et je l'adore. En congé paternité, il n'hésite pas à aider Martin sur l'enquête, quitte à emmener Maya sur une scène de crime... Discutable évidemment, parlez-en à Erica. A croire qu'il aime bien mettre Erica en rogne, car quand il n'emmène pas sa fille au commissariat c'est pour mieux aller faire une ballade en poussette avec son ex-femme. Oui, Erica est ravie. Erica a des petits côtés psycho-rigides parfois ;-) J'ai bien aimé également le traitement en fond de l'histoire d'Anna et Dan qui apprennent à vivre dans une famille recomposée, et recomposée en partie d'ados. Le commissaire Mellberg a lui aussi droit à son intrigue puisqu'il hérite d'un chien et que ce chien va le mener sur une piste de salsa dans les bras d'une femme. J'aime beaucoup l'évolution de ce personnage, totalement antipathique dans le tome 1, qui reste un bras cassé un peu pataud, mais devient attachant.

 

Je vais faire une pause dans la lecture des Camilla Läckberg, même s'il m'en reste 3 ou 4. La longueur des intrigues m'a un peu lassée. je reprendrai probablement plus tard pour savoir ce que deviennent nos héros suédois. En attendant il était plutôt sympa cet été d'aller se promener à Fjällbacka dans tous ces lieux qui abritent les intrigues de cette série de livres. La place Ingrid Bergman, la gorge du roi, le port, Tanumshede...

Posté par LucileLand à 16:28 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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