25 janvier 2018

Kathleen Grissom - Les larmes de la liberté

Les-larmes-de-la-liberte

 

 

En 1810, James Pyke, 13 ans, fils d'un planteur et d'une esclave, fuit sa Virginie natale. Vingt ans plus tard, le jeune homme, qui a toujours caché le secret de ses origines, a intégré la haute société de Philadelphie et vit une passion avec une ravissante aristocrate, Caroline. Mais celle-ci tombe enceinte et, rapidement, son père menace James. C'est alors que Pan, serviteur et petit protégé du jeune homme, est enlevé et vendu comme esclave en Caroline. James décide de partir à sa recherche. Pourtant, dans cette Amérique sudiste impitoyable, il sait que sa tête est toujours mise à prix. Parviendra-t-il à sauver Pan au péril de sa vie ? Retrouvera-t-il Caroline, son grand amour et la mère de son enfant ? 


 

Voilà la suite de "La colline aux esclaves", qui pourra tout-à-fait se lire sans le premier, mais pourquoi faire ça ?

Alors que le premier récit s'attachait au destin de Lavinia, et secondairement à celui de Belle, nous zoomons cette fois sur Jamie, le fils de Belle. Jamie était un des nombreux personnages secondaires du premier opus, et pas le plus sympathique, c'est pourquoi j'ai commencé ce livre avec quelques doutes. Vingt ans ont passés depuis la fin de "La colline aux esclaves" et nous avons quitté la Virginie pour le nord des Etats-Unis où nous retrouvons James, adulte, confortablement installé dans la haute société de Philadelphie. Et pourtant le passé est toujours proche, avec ses secrets qui ne demandent qu'à être révélés. Et voilà la plus grande peur de James Pyke/Burton. On apprend à aimer James, on découvre ce qu'il y avait dans la tête du gamin hautain que nous avions entrevu, on comprend les doutes de l'homme. Car si James Burton fait partie de la société aristocratique blanche de Philadelphie, on sait bien qu'il est né du viol d'une esclave métisse par son maître blanc, qu'il a tué son père et fuit la condition d'esclave qui l'attendait. En en 1830, si cela se sait, il ne sera jamais qu'un nègre et devra faire une croix sur sa vie. Or, les secrets ne sont pas si lojn  enfouis et menacent de ressortir, surtout lorsque James doit repartir vers le sud pour aller chercher son petit protégé noir qui s'est fait enlever par des marchands d'esclaves.

On s'attache finalement très vite à James, on apprend ce qui lui est arrivé durant ces vingt années, qui l'a aidé à arriver jusque là, et James est reconnaissant. On craint avec lui la réaction de la haute société blanche, et on a envie de le voir tout faire pour aider ce vieil homme noir qui l'a recueilli autrefois. On le suivra dans le sud où bien des difficultés l'attendent, et on espère qu'il fera les bons choix. Car c'est avant tout l'histoire d'un homme qui a fuit, et qui a peur qu'on le rattrappe, et la peur parfois entraîne la lâcheté de l'être humain. J'ai lu avec un noeud au ventre toute la partie du récit qui se déroule au pays des esclaves. J'ai aimé avoir de courtes nouvelles de Belle et Lavinia, et puis de façon inattendue de Sookie. Pan est un gamin très attachant, plus que ne l'était Jamie, il est plus courageux que ne l'a jamais été son mentor et on peut dire qu'à douze ans, l'élève dépasse le maître. James vient au secours de Pan physiquement, mais c'est probablement Pan qui est la rédemption de James. Je ne serais pas contre un troisième opus nous racontant ce que devient Pan. Car le livre se termine sur une ouverture et je suis curieuse de savoir quelle vie attend les protagonistes qui nous restent.

Posté par LucileLand à 15:19 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :


07 janvier 2018

Kathleen Grissom - La colline aux esclaves

CVT_La-colline-aux-esclaves_4478

États-Unis, 1791. Lavinia, jeune orpheline irlandaise, se retrouve domestique dans une plantation de tabac. Placée avec les esclaves noirs de la cuisine, sous la protection de Belle, la fille illégitime du maître, elle grandit dans la tendresse de cette nouvelle famille.
Cependant, Lavinia ne peut faire oublier la blancheur de sa peau : elle pénètre peu à peu dans l'univers de la grande maison et côtoie deux mondes que tout oppose. Jusqu'au jour où une histoire d'amour fait tout basculer... Le petit monde de la plantation est mis à feu et à sang, de dangereuses vérités sont dévoilées, des vies sont menacées...


Voilà une histoire tout en rebondissements que j'ai dévorée en 3 jours. Ce livre, qui retrace l'histoire de Lavinia sur une quinzaine d'années, se laisse difficilement poser. On entre par la petite porte dans la vie d'une plantation de tabac du sud des Etats-Unis bien avant la guerre de sécession. Lavinia, une petite blanche de 7 ans, est adoptée par une famille d'esclaves noirs qui la traitent comme l'une de leur, en sachant qu'un jour son destin se séparera des leurs, de part la couleur de sa peau. On navigue entre les intrigues de la grande maison, de ce Capitaine plutôt aimable qui va et vient, sa femme meurtrie de chagrins, ses enfants si différents, à la vie à la dépendance et aux cases. Et là il y a deux équipes, la famille de Mama Mae et Papa George qui sert la grande maison, plutôt épargnée au départ par des maîtres compréhensifs, et les esclaves des cases, ceux qui travaillent à la plantation, travail rude, malmenés par Rankin, le contremaître ivrogne qui les bat, les affame et viole les femmes.

La narration est en deux temps, c'est Lavinia qui nous raconte son histoire la plupart du temps, et laisse parfois la parole à Belle, la jeune esclave à qui elle a été confiée et qui lui sert de mère. Les récits de Belle viennent compléter le discours d'une petite Lavinia à qui on ne raconte pas toujours tout pour la protéger. Au fil des pages on s'attache évidemment à la naïve Lavinia, puis à Belle, fille illégitime du Capitaine, ce que personne à part la famille du capitaine ne semble ignorer. Le Capitaine a pour Belle des espoirs de la voir échapper à cette vie d'esclave, mais avec tous les obstacles qui se présentent sur la route de la jeune fille, et puisqu'aucun avenir ne l'attend ici, arrivera-t-elle à sortir de Tall Oaks ? Et puis il y a Mama Mae et Papa George qui prennent soin de Lavinia comme de leurs propres filles, Dory qui voudrait se marier avec Jimmy, un jeune homme des cases, contre l'avis de Rankin, les jumelles de l'âge de Lavinia : Beattie et Fanny. Ben, le fils aîné de Mama et Papa, pour qui Lavinia a un faible mais qui est épris de Belle (qui le lui rend bien) au grand damne du Capitaine. On apprendra aussi à connaître le capitaine, sa femme Martha d'abord hautaine puis pleine de faiblesses, leurs enfants Marshall, jeune garçon sous l'influence de Rankin, sans cesse sur le fil et pour qui on espère la rédemption, et Sally, petite fille joyeuse qui aime venir jouer à la dépendance avec Fanny Beattie et Lavinia. Plus tard on aimera aussi Sookie, Campbell, Meg, Will, Jamie...

La colline aux esclaves est riche en personnages et en destins cruels. On assiste impuissant aux drames qui terrassent les esclaves comme leurs maîtres, en se demandant si une fin heureuse peut vraiment sortir de tout ça. Cette lecture fut un vrai plaisir, et j'attends avec impatience de mettre la main sur la suite "Les larmes de la liberté" qui se concentre sur le destin du jeune Jamie parti faire sa vie à Philadelphie.

 

Posté par LucileLand à 16:35 - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,