Les-larmes-de-la-liberte

 

 

En 1810, James Pyke, 13 ans, fils d'un planteur et d'une esclave, fuit sa Virginie natale. Vingt ans plus tard, le jeune homme, qui a toujours caché le secret de ses origines, a intégré la haute société de Philadelphie et vit une passion avec une ravissante aristocrate, Caroline. Mais celle-ci tombe enceinte et, rapidement, son père menace James. C'est alors que Pan, serviteur et petit protégé du jeune homme, est enlevé et vendu comme esclave en Caroline. James décide de partir à sa recherche. Pourtant, dans cette Amérique sudiste impitoyable, il sait que sa tête est toujours mise à prix. Parviendra-t-il à sauver Pan au péril de sa vie ? Retrouvera-t-il Caroline, son grand amour et la mère de son enfant ? 


 

Voilà la suite de "La colline aux esclaves", qui pourra tout-à-fait se lire sans le premier, mais pourquoi faire ça ?

Alors que le premier récit s'attachait au destin de Lavinia, et secondairement à celui de Belle, nous zoomons cette fois sur Jamie, le fils de Belle. Jamie était un des nombreux personnages secondaires du premier opus, et pas le plus sympathique, c'est pourquoi j'ai commencé ce livre avec quelques doutes. Vingt ans ont passés depuis la fin de "La colline aux esclaves" et nous avons quitté la Virginie pour le nord des Etats-Unis où nous retrouvons James, adulte, confortablement installé dans la haute société de Philadelphie. Et pourtant le passé est toujours proche, avec ses secrets qui ne demandent qu'à être révélés. Et voilà la plus grande peur de James Pyke/Burton. On apprend à aimer James, on découvre ce qu'il y avait dans la tête du gamin hautain que nous avions entrevu, on comprend les doutes de l'homme. Car si James Burton fait partie de la société aristocratique blanche de Philadelphie, on sait bien qu'il est né du viol d'une esclave métisse par son maître blanc, qu'il a tué son père et fuit la condition d'esclave qui l'attendait. En en 1830, si cela se sait, il ne sera jamais qu'un nègre et devra faire une croix sur sa vie. Or, les secrets ne sont pas si lojn  enfouis et menacent de ressortir, surtout lorsque James doit repartir vers le sud pour aller chercher son petit protégé noir qui s'est fait enlever par des marchands d'esclaves.

On s'attache finalement très vite à James, on apprend ce qui lui est arrivé durant ces vingt années, qui l'a aidé à arriver jusque là, et James est reconnaissant. On craint avec lui la réaction de la haute société blanche, et on a envie de le voir tout faire pour aider ce vieil homme noir qui l'a recueilli autrefois. On le suivra dans le sud où bien des difficultés l'attendent, et on espère qu'il fera les bons choix. Car c'est avant tout l'histoire d'un homme qui a fuit, et qui a peur qu'on le rattrappe, et la peur parfois entraîne la lâcheté de l'être humain. J'ai lu avec un noeud au ventre toute la partie du récit qui se déroule au pays des esclaves. J'ai aimé avoir de courtes nouvelles de Belle et Lavinia, et puis de façon inattendue de Sookie. Pan est un gamin très attachant, plus que ne l'était Jamie, il est plus courageux que ne l'a jamais été son mentor et on peut dire qu'à douze ans, l'élève dépasse le maître. James vient au secours de Pan physiquement, mais c'est probablement Pan qui est la rédemption de James. Je ne serais pas contre un troisième opus nous racontant ce que devient Pan. Car le livre se termine sur une ouverture et je suis curieuse de savoir quelle vie attend les protagonistes qui nous restent.