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États-Unis, 1791. Lavinia, jeune orpheline irlandaise, se retrouve domestique dans une plantation de tabac. Placée avec les esclaves noirs de la cuisine, sous la protection de Belle, la fille illégitime du maître, elle grandit dans la tendresse de cette nouvelle famille.
Cependant, Lavinia ne peut faire oublier la blancheur de sa peau : elle pénètre peu à peu dans l'univers de la grande maison et côtoie deux mondes que tout oppose. Jusqu'au jour où une histoire d'amour fait tout basculer... Le petit monde de la plantation est mis à feu et à sang, de dangereuses vérités sont dévoilées, des vies sont menacées...


Voilà une histoire tout en rebondissements que j'ai dévorée en 3 jours. Ce livre, qui retrace l'histoire de Lavinia sur une quinzaine d'années, se laisse difficilement poser. On entre par la petite porte dans la vie d'une plantation de tabac du sud des Etats-Unis bien avant la guerre de sécession. Lavinia, une petite blanche de 7 ans, est adoptée par une famille d'esclaves noirs qui la traitent comme l'une de leur, en sachant qu'un jour son destin se séparera des leurs, de part la couleur de sa peau. On navigue entre les intrigues de la grande maison, de ce Capitaine plutôt aimable qui va et vient, sa femme meurtrie de chagrins, ses enfants si différents, à la vie à la dépendance et aux cases. Et là il y a deux équipes, la famille de Mama Mae et Papa George qui sert la grande maison, plutôt épargnée au départ par des maîtres compréhensifs, et les esclaves des cases, ceux qui travaillent à la plantation, travail rude, malmenés par Rankin, le contremaître ivrogne qui les bat, les affame et viole les femmes.

La narration est en deux temps, c'est Lavinia qui nous raconte son histoire la plupart du temps, et laisse parfois la parole à Belle, la jeune esclave à qui elle a été confiée et qui lui sert de mère. Les récits de Belle viennent compléter le discours d'une petite Lavinia à qui on ne raconte pas toujours tout pour la protéger. Au fil des pages on s'attache évidemment à la naïve Lavinia, puis à Belle, fille illégitime du Capitaine, ce que personne à part la famille du capitaine ne semble ignorer. Le Capitaine a pour Belle des espoirs de la voir échapper à cette vie d'esclave, mais avec tous les obstacles qui se présentent sur la route de la jeune fille, et puisqu'aucun avenir ne l'attend ici, arrivera-t-elle à sortir de Tall Oaks ? Et puis il y a Mama Mae et Papa George qui prennent soin de Lavinia comme de leurs propres filles, Dory qui voudrait se marier avec Jimmy, un jeune homme des cases, contre l'avis de Rankin, les jumelles de l'âge de Lavinia : Beattie et Fanny. Ben, le fils aîné de Mama et Papa, pour qui Lavinia a un faible mais qui est épris de Belle (qui le lui rend bien) au grand damne du Capitaine. On apprendra aussi à connaître le capitaine, sa femme Martha d'abord hautaine puis pleine de faiblesses, leurs enfants Marshall, jeune garçon sous l'influence de Rankin, sans cesse sur le fil et pour qui on espère la rédemption, et Sally, petite fille joyeuse qui aime venir jouer à la dépendance avec Fanny Beattie et Lavinia. Plus tard on aimera aussi Sookie, Campbell, Meg, Will, Jamie...

La colline aux esclaves est riche en personnages et en destins cruels. On assiste impuissant aux drames qui terrassent les esclaves comme leurs maîtres, en se demandant si une fin heureuse peut vraiment sortir de tout ça. Cette lecture fut un vrai plaisir, et j'attends avec impatience de mettre la main sur la suite "Les larmes de la liberté" qui se concentre sur le destin du jeune Jamie parti faire sa vie à Philadelphie.