kennedy

La vie de John Fitzgerald Kennedy n'a été qu'ombres et lumières ; des lumières d'un incroyable éclat et des ombres d'une noirceur inquiétante, comme autant de signes d'une destinée tragique. Véritable caméléon, JFK aura toute sa vie admirablement joué le rôle que d'autres lui ont attribué, et en premier lieu son père. Un père à l'ambition dévorante qui, tel un démiurge, façonne les garçons du clan en hommes de pouvoir. Mais JFK n'est pas qu'une simple marionnette, il est doté d'une grande intelligence et d'un charisme hors du commun, rien ni personne ne lui résiste, surtout pas les femmes. Il transforme le médiocre en excellence, un corps malade en un corps triomphant. Grâce à de nouveaux éléments peu connus du public français et refusant tout autant l'idolâtrie que le sensationnalisme, Thomas Snégaroff dresse le portrait sensible d'un homme dont le destin continue, un demi-siècle après sa mort, de nous fasciner.


 

La dynastie Kennedy, ses secrets, son incarnation du rêve américain, ses magouilles, son clan, tout ça me fascine un peu. C'est comme lire un scénario improbable de série TV qu'on trouverait vraiment bien foutu, sauf que c'est arrivé. L'arrière-petit-fils d'imigrés irlandais, débarqués en Amérique sans un sou, qui devient président des Etats-Unis, ce n'est pas beau ? Joe et Rose Kennedy qui élèvent 9 enfants et promettent chacun de leurs fils à un avenir politique. Joe jr, le premier, celui qui doit devenir président, qui meurt à la guerre et John le cadet qui doit reprendre le flambeau au pied levé. Bobby, le troisième, propulsé bras droit de son aîné en campagne puis à la maison blanche. Bobby qui essaiera de poursuivre ce qu'il avait fait avec son frère, après l'assassinat de JFK et sera à son tour assassiné lors des primaires de Californie. Et enfin Ted, le petit dernier, qui renoncera à se lancer à son tour dans la course à la présidence après avoir reçu des menaces et vu ses 3 aînés mourir. Il y a les filles Kennedy aussi, celles qui vont aider à mettre John sur le trône en organisant des Tea Party dans tous les Etats-Unis. Et puis celle qu'on cachera car elle est retardée mentale et fait tâche dans le tableau. Celle qui sera reniée car mariée avec un homme divorcé et qui sera la première des enfants Kennedy à mourir. Sans oublier Jackie, sa vie de first lady, mariée à mari volage, ses grossesses tragiques aboutissant certes à deux beau petits enfants, mais aussi à un bébé mort-né et un qui  ne survivra guère 48h. Jackie et son tailleur rose tâché de sang à Dallas. Alors oui, on pourrait tenir plusieurs saisons de série avec le clan Kennedy, mais au fait JFK lui-même, qui était-il ? C'est à cette question que tente de répondre ce livre.

"Kennedy une vie en clair-obscur" commence avant la naissance de John, que l'on appelera d'ailleurs Jack tout au long du récit, et se termine le jour de ses funérailles. Il est en effet question de Jack, l'homme privé et non John la figure publique. Le récit est à peu près linéaire mais discontinu. Chaque chapitre va s'attacher à un évènement important dans la vie de Jack Kennedy, il va commencer par relater cet événement puis nous raconter tout ce qui y a mené et tout ce qui en découle. On revient parfois une ou deux années en arrière au cours d'un même chapitre, et on saute souvent de nombreuses années entre deux. il ne s'agit pas de raconter la vie entière de Jack, mais d'essayer de nous faire comprendre quel impact sa vie à eu sur lui. On nous présente au début ce frère toujours en compétition avec Joe Jr, ses nombreux séjours à l'hôpital car Jack était atteint de maladies chroniques, sa volonté de toujours être aussi bon que son aîné, la carrière politique à laquelle leur père destinait Joe Jr. A cette époque Jack est le second, alors comme un frère cadet de prince héritier il se rebelle et tente de n'en faire qu'à sa tête, parce qu'il n'a pas la pression de l'aîné et pour se faire remarquer. Le livre nous raconte que Kennedy était un homme à femmes mais ne se préoccupait guère de les satisfaire au lit. Voilà qui était Jack Kennedy, un homme tentant de dompter la faiblesse de son corps malade, un homme qui ne pensait qu'à lui-même, un homme ambitieux. Alors quand Joe Jr meurt à la guerre alors que Jack a été déclaré héros, les portes s'ouvrent grandes devant lui. Par la suite il est question de Jackie un peu, des primaires, de l'élection présidentielle, de Kroutchev, de la crise des missiles de Cuba, de la bataille pour les droits des noirs, à peine du père qu'il fut, beaucoup de l'aura qu'il avait, des femmes qu'il a séduites, de Dallas.

C'est un livre qui parle presque exclusivement de Jack Kennedy, un peu de Joe Sr. Autour gravitent des gens sur lesquels on s'attarde peu, même s'ils ont eu une place importante dans l'histoire de JFK, Bobby, Jackie, Caroline et John-John, tous ne font que passer. C'est d'autres ouvrages qu'il faudra lire si on veut s'y intéresser de plus près. On suit Jack à travers les péripéties de sa vie, le récit prend parti mais me semble relativement objectif, l'auteur s'appuie souvent sur des citations d'amis ou  de gens qui ont cotoyé JFK. L'ensemble est facile à lire, chaque chapitre clôt un moment particulier de la vie du président américain, ce qui en fait une suite de petites histoires relativement courtes et non un gros pavé racontant tout la vie de JFK. On visualise la dualité de ce personnage qui se devait d'incarner le rêve américain, tout en domptant des douleurs importantes et l'idée que son corps allait le lâcher jeune. Ironiquement, cette image d'homme jeune, en bonne santé, toujours bronzé, c'était sa maladie qui la lui donnait. La maladie d'Addison, une insuffisance surrénalienne donnant une hyper-pigmentation de la peau...