Lucile in the sky

14 mai 2017

Fred Vargas - Quand sort la recluse

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- Trois morts, c'est exact, dit Danglard. Mais cela regarde les médecins, les épidémiologistes, les zoologues. Nous, en aucun cas. Ce n'est pas de notre compétence. 

- Ce qu'il serait bon de vérifier, dit Adamsberg. J'ai donc rendez-vous demain au Muséum d'Histoire naturelle. 

- Je ne veux pas y croire, je ne veux pas y croire. Revenez-nous, commissaire. Bon sang mais dans quelles brumes avez-vous perdu la vue ? 

- Je vois très bien dans les brumes, dit Adamsberg un peu sèchement, en posant ses deux mains à plat sur la table. Je vais donc être net. Je crois que ces trois hommes ont été assassinés. 

- Assassinés, répéta le commandant Danglard. Par l'araignée recluse ?


 

Le nouveau Vargas est sorti, et ça c'est toujours une très bonne nouvelle.

Nous voilà donc à nouveau embarqués dans une enquête d'Adamsberg, avec ses brumes dans les yeux et sa brigade derrière lui. C'est un peu comme une nouvelle saison de série, on a hâte de découvrir la nouvelle intrigue, mais tout autant de retrouver les personnages récurrents. En ouvrant le livre, j'attendais des nouvelles de Camille (ça fait des lustres qu'on n'a pas vu Camille!), des scènes entre Danglard et Adamsberg les deux amis que tout oppose et rapproche. Alors j'aurais pu être déçue car sans vous spoiler, zéro mention de l'ex-petite-chérie, et les relations entre Danglard et Adamsberg battaient franchement de l'aile. Mais Fred Vargas m'a surprise en me faisant tout autant plaisir. On retrouve le temps de quelques pages Raphaël, le frère presque jumeau qu'Adamsberg a traîné toute sa vie, le personnage dans l'ombre de mon Vargas préféré "Sous les vents de Neptune". Elle est vieille cette histoire de deux frères, elle a peut-être bien quinze ans, on n'attendait plus de caméo de Raphaël! Et puis alors que cette brève apparition m'avait déjà fait pardonner l'absence manifeste de Camille et Tom, voilà que c'est au tour de Matthias le préhistorien de débarquer et de donner des nouvelles de Marc et Lucien. Oui, les évangélistes de "Debout les morts"! Ça faisait bien vingt ans qu'ils n'étaient plus apparus eux. C'était bien.

En règle générale, un nouveau tome de la série nous permet de zoomer un peu sur un des gars de la brigade. Cette fois on a creusé un peu Veyrenc, en tant que second fidèle et digne de confiance. Veyrenc c'est un peu la famille, mais ça reste un petit nouveau. C'était agréable de voir Adamsberg pouvoir compter sur lui dans des moments où Danglard l'abandonnait.

Côté enquête, j'ai trouvé ça meilleur que les derniers tomes. Si, celui de l'Islande était chouette! L'armée furieuse et les histoires de Vampires m'avaient moins passionnée. Cette fois il s'agit de la recluse, une araignée qui tue dans le sud de la France. Or Adamsberg flaire anguille sous roche, murène sous rocher. En effet la recluse ne tue pas, elle pique rarement, nécrose parfois, mais pas de décès. Il est obligé de mener son enquête en cachette, en sous-main sans avertir les supérieurs qui le prendraient encore pour un illumin, et à contre-courant de Danglard qui essaie de ridiculiser Adamsberg et ses croyances devant la brigade. Alors on parle de l'enquête en comité restreint, dans la cour, au restaurant. On a tous les éléments qui font les bons Vargas: des métaphores, des piqures qui grattent, des mythes médiévaux, des animaux, et des échos dans l'histoire familiale et personnelle de certains flics de la brigade.

Bref, j'ai adoré et j'ai envie de relire les précédents. Celui de l'arrivée de Veyrenc, ceux avec les Évangélistes, celui avec Raphaël, ceux avec Camille. Bref presque tous, je ne sais pas par quel bout m'y prendre. 

 

NB: dans le prochain, je veux des nouvelles de l'histoire esquissée pour Retancourt et savoir si Veyrenc a conclu.

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28 janvier 2017

Didier Cohen - la petite absente

Didier Cohen - La petite absente

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Dix-huit mois d'amour fou, jusqu'à la tragédie. Après, elle l'a quitté. Il ne l'a plus revue. Il n'a jamais pu l'oublier, jamais elle n'a cessé de l'aimer. C'était il y a douze ans. Alors, ce jour de pluie, quand le hasard les met de nouveau face à face, l'inévitable ne peut que s'accomplir. Tout a changé, c'est vrai : Aurore a, comme on dit, refait sa vie, avec enfant, mari. Mais que pèse la biographie devant un échange de regards, lorsque la passion ne s'est jamais éteinte ? Ils s'aiment. Comme au premier jour... C'est du moins ce qu'ils croient. Car voici qu'avec leur amour resurgit le fantôme de la petite absente, leur bébé disparu, l'enfant de leurs vingt ans... La bouleversante histoire d'un amour absolu confronté à l'impossible deuil.


 

Didier Cohen est l'auteur de "Graine de championne" l'un des livres préférés de mon enfance, je l'ai retrouvé dans un tout autre registre il y a une quinzaine d'années en lisant "La petite absente" qui fut ensuite adapté sur Fr2.

Ce livre est le récit d'une descente aux enfers, ou de plusieurs descentes aux enfers. Celle d'Aurore dans le présent du roman, et celle de Daniel et Aurore douze ans auparavant. Le sujet est lourd, et pourtant les phrases courtes, les chapitres de 4-5 pages, l'alternance des points de vue et des époques rendent le récit dynamique. On ne s'attarde pas sur la douleur, on passe à la suite, on y reviendra plus tard. On a envie de croire en la possibilité de voir renaître la passion dévorante entre Aurore et Daniel, on voudrait les voir capables d'aller de l'avant, et on les regarde s'engluer dans le passé. Heureusement il y a Elsa, Sam et Anouk qui amènent un vent de légereté, et l'affection solide de Michel. Aurore fuit Daniel et tout ce qu'il ramène à la surface, la dépression, la petite Marine mais aussi ces mois de bonheur total. Aurore et Daniel ne peuvent pas se retrouver car ils n'en sont pas au même point. Daniel a fait son deuil, il parvient à vivre dans l'appartement où il a perdu sa fille, mais il n'a pas dépassé sa rupture avec Aurore, elle reste la seule femme au monde pour lui. Aurore elle, a fui et refait sa vie, elle a bouché des trous avec du plâtre fragile mais n'a jamais vraiment réussi à faire le deuil de Marine, et retrouver Daniel c'est soulever un pan de sa vie d'où ne sort que des fantômes, celui de Marine et ceux des êtres insouciants qu'étaient Daniel et Aurore il y a douze ans. On voit Daniel espérer et Aurore s'enfoncer à coups de Valium et de délires morbides. Sur le bas côté de ce crash annoncé il y a Sam, le mari d'Aurore et Michel, le père de Daniel, de solides piliers qui se tiennent prêts à ramasser les morceaux. C'est un très beau livre sur le deuil, la passion est l'impossibilité parfois de vivre ensemble malgré un amour indéfectible. C'est l'histoire de gens qui ne peuvent pas vivre séparés, mais s'autodétruisent ensemble. Les scènes les plus jolies sont peut-être celles entre Aurore et sa fille de dix ans Elsa. Elsa qui du haut de ses dix ans ne comprend pas ce qui arrive à sa mère, ce qui sépare ses parents, et pourquoi sa mère l'appelle parfois "Marine". On passe par beaucoup d'émotions en lisant "La petite absente", il ne faut pas avoir peur des larmes mais c'est une très belle histoire.

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26 janvier 2017

Le journal de Baby George

Clare Bennett - Le journal de Baby George

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Mon nom est George, Prince George de Cambridge, mais vous pouvez m'appeler Baby George. Je suis le fils aîné de William et de Kate, l'héritier de la couronne d'Angleterre, le bébé le plus photographié au monde. J'ai décidé de vous dévoiler l'intimité de mon quotidien royal et celui de mon illustre famille.

"Superstar médiatique. Titan de la mode internationale. Sauveur potentiel de l'Ecosse. Combien de rôles ces gens veulent-ils que je remplisse ?"


 

 

Le journal de baby George, voilà une petite lecture absolument pas prise de tête ! Clare Bennett, spécialiste de la famille royale, a imaginé les pensées du petit Prince du jour de ses un an au jour de ses deux ans. Et c'est plutôt amusant. Baby George a conscience de son importance, affublé de tas de gens à son service, et voit d'un assez mauvais oeil l'arrivée prévue d'une petite soeur "Ringo" qui va venir le concurrencer. Autour de lui gravitent Kate et ses vomissements continus de début de grossesse, William et Harry les frangins qui s'affublent d'un tas de surnoms et passent leur temps à s'asticoter, Dada la reine dans le sac de laquelle George adore fouiller, Bon papa le prince Philip jamais de bonne humeur, Beanie le Prince Charles qui adore faire son jardin et sa femme Gaga. Il y a aussi le premier ministre et ses réunions hebdomadaires avec la reine, auxquelles George assiste assis par-terre. Ainsi sans toujours comprendre, George est témoin de ce qui se passe dans le monde. Et puis il y a l'équipe cadeaux, chargée de s'occuper des centaines de cadeaux qui arrivent chaque jour au petit garçon, l'équipe vestimentaire qui travaille chaque jour le style du bébé, l'équipe presse, l'équipe cheveux, l'équipe bain... Et George lui-même qui des avis et essaie de les communiquer, avec plus ou moins de succès. Ce livre étudie au 4e degré la famille royale d'Angleterre, sans se prendre une seconde au sérieux. Je l'ai lu alors que je regardais The Crown (la série Netflix sur le règne d'Elisabeth, ou Dada) et j'ai passé beaucoup de temps sur wikipédia à lire des fiches sur la famille royale. J'ai beaucoup aimé les portraits de William, Kate et Harry qui sont très attachants. Harry flirte gentiment avec Pippa, est l'oncle rigolo de George, considère sa belle-soeur comme sa meilleure amie et lui lance des défis improbables, et reste très proche de William. William et Kate ont une relation de couple adorable et semblable à celle de n'importe qui (à part que Kate a une équipe cheveux pour les lui maintenir pendant qu'elle vomit), ils sont fans de Kanye West, Downton Abbey et Game of Thrones, mais peuvent aussi joindre Obama en deux secondes pour savoir s'il a des infos sur la mort de Jon Snow. A travers le regard naïf (et un peu cynique) d'un bébé de un an, on regarde évoluer les Windsor, de réunions protocolaires en apparitions officielles en passant par le jour de Noël en famille au palais, et nous amène à imaginer ce qui se passe peut-être derrière les portes fermées de leurs appartements.

Bref ce livre est distrayant pour qui s'intéresse un peu à la famille royale d'Angleterre, il la désacralise et nous fait rire, le regard de Baby George sur ce qui l'entoure est parfait.

"Bon Papa est le plus vieil humain sur terre. Il avait un dinosaure apprivoisé quand il était petit et c'est lui qui a inventé le feu. Il a seulement appris à se tenir debout et à communiquer avec des mots quand il avait 25 ans et il mange encore avec les doigts quand il est seul. Je sais tout ça parce que Oncle Harry me l'a raconté"

" L'Ecosse n'a pas fait la chose que Dada ne voulait pas. Je le sais parce que des joueurs de cornemuses m'ont réveillé ce matin. Dada est très contente et dit qu'on peut garder notre drapeau. Bon Papa et Beanie sont contents parce qu'ils peuvent garder leurs jupes"

 

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19 janvier 2017

Michel Bussi - Maman a tort

Michel Bussi - Maman a tort

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Rien n'est plus éphémère que la mémoire d'un enfant...
Quand Malone, du haut de ses trois ans et demi, affirme que sa maman n'est pas sa vraie maman, même si cela semble impossible, Vasile, psychologue scolaire, le croit.
Il est le seul. Il doit agir vite. Découvrir la vérité cachée. Trouver de l'aide. Celle de la commandante Marianne Augresse par exemple. Car, déjà, les souvenirs de Malone s'effacent. Ils ne tiennent plus qu'à un fil. Le compte à rebours a commencé.
Qui est vraiment Malone ?


 

Voilà un roman à suspens qu'on peine à lâcher avant de l'avoir terminé !

Nous suivons en parallèle Marianne et Malone. Marianne est commandant de police en Normandie, actuellement elle piétinne sur une affaire de braquage à Deauville, le principal suspect sort parfois de sa cachette mais les flics n'arrivent pas à le coincer.  Ca la frustre autant que son célibat qui dure. Alors lorsque sa copine lui envoie un charmant psychologue scolaire qui tient une histoire à dormir debout, elle se dit que ça pourrait l'occuper un peu. Vasile lui parle de Malone, ce petit garçon qui raconte que sa mère n'est pas sa mère, qui parle de la forêt des ogres, d'un château et d'un monde de songes. Et puis il y a donc Malone, un petit garçon de trois ans, vif, qui écoute chaque soir les histoires que lui raconte son doudou.

Comme il s'agit d'un roman policier, on se doute vite que l'histoire de Malone est vraie, mais on met du temps à comprendre exactement comment les différentes enquêtes vont se rejoindre. D'ailleurs jusqu'à la fin je n'ai jamais eu exactement la bonne réponse. On devine vite certaines choses, on tire certaines ficelles, on comprend que certaines solutions simples ne sont pas les bonnes, mais l'histoire est bien menée et on se laisse promener longtemps. "Maman a tort" se lit très facilement, malgré quelques longueurs, on s'attache à la commandante (même si ses histoires d'horloge biologique m'ont un peu agacée), on a envie de comprendre, le roman est de taille tout à fait correcte mais je l'ai lu en 24 h ! La première scène qui est une des dernières du livre, un moment où l'affaire va bientôt se résoudre, aide probablement à nous faire entrer dans l'histoire qui peine un peu à démarrer. Une bonne petite lecture distrayante. L'ambiance féérique (la forêt des ogres, les noms mêmes de Marianne Augresse et Vasile Dragonman, les contes de Gouti) se confronte de façon étonnante avec la grisaille normande et les biographies un peu glauques de certains personnages. Un roman qui transpire à la fois la solitude et un monde de rêves. Je lirais avec plaisir une nouvelle enquête de Marianne Augresse, je me suis attachée à elle et à son comissariat, mais je ne suis pas sûre que l'auteur reprenne ces personnages. J'aime les séries de livres, dommage.

 

 

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17 janvier 2017

Mon amie Anne Frank

Alison-Leslie Gold - Mon amie Anne Frank

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Le 7 juillet 1942, Hannah Goslar sonne chez son amie Anne et découvre avec stupeur que la maison est vide. La famille Frank a quitté Amsterdam - sans doute pour se réfugier en Suisse, dit un voisin. À cause des lois anti-juives, le quotidien d'Hannah devient chaque jour plus difficile. Puis tout bascule une nuit de juin 1943, lorsque des soldats nazis frappent à sa porte...


 

 

J'ai laissé ce livre prendre la poussière sur une table pendant des mois, j'avais un peu peur d'une histoire qui risquait de "surfer" sur la vague Anne Frank, ce ne fut pas du tout le cas. J'ai fini par le prendre et le finir en deux heures. Il ne s'agit pas de l'histoire d'Anne Frank racontée par quelqu'un d'autre, la jeune fille le fit très bien elle-même. C'est l'histoire de son amie de toujours Hannah, elle aussi jeune allemande juive vivant à Amsterdam et de ce qu'elle vécut pendant la guerre. Le livre se lit facilement, on se doute de ce qui va arriver, on sait qu'Hannah survit puisqu'elle raconte l'histoire (à postériori, elle), mais pour les autres rien n'est moins sûr. Hannah vit les privations de la seconde guerre mondiale, et c'est l'enfance qui s'éloigne de façon très abrupte lorsqu'elle voit s'éloigner ses amis les uns après les autres, et qu'elle doit jouer le rôle de seconde mère pour sa toute petite soeur. Alors parfois, Hannah pense à Anne, qui doit vivre heureuse en Suisse et manger de bonnes choses. Nous lecteurs, savons bien ce qu'il en est réellement, Anne est cachée non loin de chez Hannah pendant deux ans, sans aucun contact avec l'extérieur. Le lecteur voit avec un peu d'amertume Hannah espérer, qu'Anne est en pays libre, que les amis qui sont déportés reviendront, lui sait pour les camps et pour le destin des Frank.

J'ai beaucoup aimé ce roman, outre le fidèle récit historique touchant de la vie d'une adolecente en 1942, car il continue là où forcément "Le journal d'Anne Frank" s'arrête. Dans ce dernier, on a lu les confidences d'une adolecente qui se cache, on sait ensuite qu'elle sera déportée et mourra dans les camps, que seul le père survivra, mais le récit s'arrête avant. Celui d'Hannah va raconter en parallèle et en filigrane le destin de la famille Frank. Le récit bascule une première fois dans l'horreur avec un drame personnel qui touche la famille Goslar, à partir de là on sait qu'il ne s'agit pas d'une version édulcorée collection jeunesse. Ensuite c'est la dégringolade, les camps, Hannah qui retrouve furtivement Anne et le dernier espoir qui s'éteint.

Si vous n'avez pas encore lu ce livre, vous pouvez passer au paragraphe suivant. Puis vient forcément la déportation, la petite soeur malade. J'ai bien cru qu'elle allait y passer, j'étais bien soulagée en allant vérifier sur internet le destin de la petite Gabi Goslar ! La dureté des camps, l'éloigenment des adultes, et la force que trouve Hannah du haut de ses 14 ans pour survivre, pour Gabi. Et puis Hannah va apprendre que son amie Anne n'est pas en Suisse mais ici, avec sa soeur, dans un état grave. Les deux amies se parleront deux fois à travers une clôture, Hannah arrivera à lui faire passer des chaussettes et des bouts de nourriture. Un jour Anne disparait. Puis la libération, Hannah malade, seule avec sa petite soeur qui retrouve Otto Frank, resté seul lui aussi. Le récit ne s'attarde pas, mais c'est un peu de réconfort de se dire que ce père qui a tout perdu a pu aider un peu la meilleure amie de sa fille, qui elle n'avait plus de parents.

Dans le même genre de registre j'avais aimé lire "Après la rafle" de Joseph Weissman. Je connaissais depuis bien avant le film l'histoire de cet homme qui à treize ans avait échappé aux camps et survécu, et je me demandais comment un jeune garçon de cet âge pouvait s'être débrouillé seul pour rentrer et survivre à 2 ou 3 ans de guerre, sans plus aucune famille ni maison. Le récit a répondu à ces questions. J'ai aimé la même chose dans "Mon amie Anne Frank", outre l'histoire d'Hannah à laquelle on s'attache énormément, elle évoque l'après du "Journal d'Anne Frank".

C'est un petit livre qui se lit vite, à mettre dans sa bibliothèque à côté de "Mon ami Frédéric". Rien de très original, on a déjà lu beaucoup de choses sur la déportation, mais le récit est simple et honnête.

 

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06 août 2016

Camilla Läckberg - La sirène

Camilla Läckberg - La sirène

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Un homme a mystérieusement disparu à Fjällbacka. Toutes les recherches lancées au commissariat de Tanumshede par Patrik Hedström et ses collègues s'avèrent vaines. Impossible de dire s'il est mort, s'il a été enlevé ou s'il s'est volontairement volatilisé.
L'affaire se complique lorsque la police découvre que l'une des proches connaissances de la victime, l'écrivain Christian Thydell, reçoit des lettres de menace depuis plus d'un an. Lui ne les a jamais prises au sérieux, mais son amie Erica, qui l'a aidé à faire ses premiers pas en littérature, soupçonne un danger bien réel. Sans rien dire à Patrik, et bien qu'elle soit enceinte de jumeaux, elle décide de mener l'enquête de son côté…


 

J'ai eu envie de reprendre les aventures d'Erica Falck et Patrik Hedström là où je les avais laissées il y a quelques mois. Ca n'a pas changé, les personnages familiers sont toujours aussi attachants et les intrigues toujours sur le même schéma.

Il faut être concentré au début d'un nouveau tome de la série, il y a toujours foule de nouveaux personnages. Ayant commencé celui-ci un peu en dilettante, j'ai eu du mal à me rappeler de tous les petits nouveaux. Le récit est comme d'habitude ponctué de flashbacks mystérieux qui ne prendront sens que tardivement. Je ne sais pas si ceux-là étaient plus évidents ou si j'ai commencé à enregistrer les rouages de l'auteur, mais j'ai trouvé bien plus rapidemment comment les flashbacks s'intégraient dans l'enquête actuelle et qui en était le personnage commun. J'ai résolu l'enquête aux deux tiers du roman également. Ca devient trop facile ... Ce qui me donne envie de continuer la série n'est plus tellement l'intrigue policière, elles se ressemblent toutes de livres en livres, et j'ai toujours à faire le même reproche qu'au début : il est extrêmement agaçant que Patrik ou Erica comprennent quelque chose qui les font avancer dans la résolution du mystère et qu'on ne nous dise pas quoi ! En revanche j'ai toujours envie de continuer ma lecture pour voir ce qui va arriver à Erica, Patrik, Anna, Martin, Paula, Mellberg, Annika. Quand on me demande de parler de cette série scandinave, je la compare parfois aux Adamsberg de Fred Vargas. On s'attache au comissariat et à l'entourage de l'enquêteur, on aime les voir tous évoluer, on revient pour eux. La différence c'est que chez Vargas les intrigues policières restent passionnantes. Attention, celles de Camilla Läckberg ne sont pas barbantes pour autant, on se laisse embarquer à chaque fois, on fait défiler les pages pour en savoir plus, mais ça devient monotone que chaque volume soir construit sur le même modèle. Flashbacks mystérieux, enquête qui avance très lentement, mystère retenu artificiellement alors qu'on nous dit que d'autres personnages ont des éléments clés qu'on ne nous donne pas... J'aimerais finalement que l'auteur lâche le genre policier pour nous conter seulement les aventures de ses personnages fixes. Il est à chaque fois très agréable de faire un détour par Fjällbacka et la culture suédoise.

Ce polar-ci se termine sur un cliffhanger, on a hâte de commencer le suivant car certains de nos personnages favoris sont entre la vie et la mort. J'ai donc gentiment enchaîné sur le tome suivant !

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05 août 2016

Harry Potter and the cursed child

JK Rowling / John Tiffany / Jack Thorne - Harry Potter and the cursed child

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Il a toujours été difficile d’être Harry Potter, et ça ne l’est pas plus maintenant qu’il est marié, employé débordé du ministère de la magie et père de trois enfants.

Alors qu’il se débat avec un passé qui refuse de rester à sa place, son plus jeune fils Albus doit supporter le poids d’un héritage familial qu’il n’a jamais voulu. Tandis que le passé et le présent s’entremêlent dangereusement, le père et le fils apprennent la désagréable vérité : parfois, les ténèbres viennent de là où on ne les attend pas.

 


 

*Tintements de cloches* Il est là ! Harry Potter, la suite, les aventures de la nouvelle génération, ce n'est plus dans nos têtes, ce ne sont plus des fanfictions, c'est là. Quoi qu'on en pense !

 

ATTENTION SPOILERS !

 

Et je suis mitigée. Je faisais partie des gens qui attendaient The cursed child (CC) de pied ferme, en sachant qu'ils allaient être déçus mais avec la hâte de retrouver un monde tant aimé. Après la lecture, je sais que j'avais raison de ne pas trop en attendre, mais je ne regrette pas pour autant qu'il soit là. The cursed child est un tome différent. Déjà parce qu'il n'a pas été écrit par JKR, mais "sur une idée de JKR", et ensuite parce qu'il s'agit d'un scénario et non d'un roman. J'ai souvent souri, parfois ri, mais surtout j'ai été frustrée par le format. Un scénario a ses limites, il ne peut pas tout explorer, surtout quand il couvre déjà 5h de pièce ! Malgré le fait que CC commence exactement là où le tome 7 se terminait (sur le quai 9 3/4 pour la rentrée d'Albus), j'ai eu le sentiment qu'on était passé du coq à l'âne. 19 années à remplir. Qu'ont fait Harry, Ginny, Ron, Hermione, Draco, Neville et tous les autres pendant tout ce temps ? Dans la forme roman on nous aurait fourni un peu plus de contexte, ça aurait été chouette ! Et ces personnages inexistants ? Je sais qu'il n'y avait pas vraiment le temps de s'étaler sur les 100 personnages dont on aurait voulu des nouvelles, mais on aurait aimé apprendre à connaître un peu James Jr, Lily Jr, Hugo, voir mentionner Teddy et Victoire, rencontrer Neville prof à Poudlard, savoir ce que devenait Hagrid, Luna, George... Et pendant la mignonne (et totalement improbable scénaristiquement parlant) scène de 1981 où Lily et James vont promener Harry, une petite apparition de Sirius aurait tellement fait plaisir aux fans ! Encore une fois, je sais que la pièce ne pouvait pas tellement se disperser, mais voilà, en tant que Potterhead, ils m'ont manqué tous ces personnages dans CC...

Passons au scénario. On se demande si Jack Thorne a lu trop de fanfictions ou s'il est juste arrivé aux mêmes conclusions que les fans. Toujours est-il qu'on retrouve les thèmes les plus populaires des fanfics, voyages dans le temps, réalité alternative (avec Snape héros, et entre les lignes un Hermione/Snape), enfant caché, réconciliation entre Harry et Draco, blague sur le nez de Voldemort et... Scorbus ! Enfin, presque. Il y a à boire et à manger pour les fans. C'est un peu comme le film de Veronica Mars, on est content d'être à nouveau parmi eux, mais à vouloir donner aux fans ce qu'ils veulent on dénature un peu l'esprit de l'oeuvre originale. L'amitié ambigüe d'Albus et Scorpius est adorable, les shippers s'en donnent à coeur joie, jusqu'à ce que Scorpius décide qu'il est amoureux de Rose. Bon, il y a depuis le tome 7 une rivalité entre les shippers Albus/Scorpius et Scorpius/Rose, disons que CC essaie de faire plaisir à tout le monde. Qu'un gamin de 14 ans refoule son homosexualité en essayant de sortir avec la cousine de son love interest, pourquoi pas, mais soyons d'accord ça ne durera pas. Si Scorpius est un personnage qu'on aime tous déjà, Albus lui est un crétin d'ado. Papa ne veut pas ressuciter Cedric ? Soit, je vais créer un chaos temporel juste pour l'emmerder. Voilà, voilà... Les facilités scénaristiques sont énormes mais auraient pu être gommées si on avait à faire à un véritable roman, le côté pièce de théâtre n'avait pas le temps de tout développer. Les gamins ne savent pas se servir d'un retourneur de temps mais arrivent tout de même juste au moment souhaité. La seule canalisation qui mène au lac est dans les toilettes de Mimi Geignarde, ça tombe bien on y est. Tiens justement le filtre d'amour renversé sur la couverture de papa est révélatrice d'encre invisible, ça tombe tellement bien. Je n'ai pas non plus bien compris comment Albus avait récupéré une baguette pour sauver son père alors que Delphi avait brisé la sienne. Ni comment les deux gamins ont voyagé sans moyen de transport de Poudlard aux Highlands puis à Godric's Hollow en quelques heures. Et Delphi, on en parle de Delphi ? Personne ne veut imaginer Voldemort ayant des relations sexuelles avec Bellatrix ! On n'y croit pas, le plus probable serait que Voldemort l'ait conçue magiquement, mais pourquoi ? Il n'avait pas besoin d'héritier avec ses horcruxes, persuadé d'être immortel. L'idée n'est pas si mauvaise, mais manque d'étoffe. Et Lily qui sort promener Harry le 31/10/1981 alors que sa maison est protégée par le sort de fidelitas ? Pas tellement de sens. On retient tout de même que si Cédric n'était pas mort et était devenu mangemort (LOL, pardon...), il aurait tué Neville et le monde aurait sombré. Neville Londubat a sauvé le monde et personne ne s'en rend compte. Go Neville !!! Hermione et Harry sont à la tête du monde sorcier et ça leur va parfaitement, Ron se contente de vendre des farces et attrapes mais ne veut pas être laissé de côté pour autant. "Just to say - I didn't know much of it so can't take responsability - and I'm pretty sure my kids had nothing to do with it - but if this lot are standing up here then so am I."

Bref, le scénario est critiquable, les raccourcis évidents, les clins d'oeils aux fans nombreux, les manques énormes, mais on est quand même si contents de les retrouver ! Harry, Ron et Hermione, fidèles à eux-mêmes, Hermione rocks. Je n'ai pas tellement adhéré au Romione montré dans le scénario, j'ai besoin de le voir joué pour voir une alchimie, le Harry/Ginny semblait plus crédible. Scorpius est une jolie découverte, on prend même Draco en amitié. McGonagall est toujours là et elle est parfaite, surtout quand elle dit "I solemny swear that I am up to no good". J'ai besoin de voir la pièce pour avoir un avis définitif, et j'aimerais que JKR en fasse un vrai roman... Je m'attendais à être frustrée par le format et ses limites, ça a été le cas, mais ça m'a fait réellement plaisir de remettre un pied dans le monde sorcier.

 

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25 janvier 2016

Pierre Lemaître - Au revoir là-haut

Pierre Lemaître - Au revoir là-haut

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"Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d'avantages, même après."


Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu'amorale. Des sentiers de la gloire à la subversion de la patrie victorieuse, ils vont découvrir que la France ne plaisante pas avec ses morts...
Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, "Au revoir là-haut" est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants, de l'abomination érigée en vertu.
Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose la grande tragédie de cette génération perdue avec un talent et une maîtrise impressionnants.


 

J'ai lu beaucoup de livres, vus énormément de films traitant de la seconde guerre mondiale et de l'après. La guerre de 14, ça c'est nouveau pour moi, on l'apprend à l'école mais elle est peu présente dans notre culture, les gens qui l'ont connue sont morts, ce n'est plus de celle-là qu'on parle. Je crois que c'est ce qui m'a attirée dans ce livre.

Au revoir là-haut est un beau titre pour un joli livre. Il vient directement de la lettre qu'un poilu (Jean Blanchard) a écrit à sa femme avant d'être exécuté, et il illustre le premier chapitre du roman, celui où tout bascule. Nous sommes en novembre 1918 à quelques jours de l'armistice, la guerre s'éteint, et le lieutenant Pradelle décide d'envoyer ses soldats dans un dernier casse-pipe pour gagner des gallons. Dans cette dernière manoeuvre, Pradelle ruine la vie d'Albert et celle d'Edouard, deux poilus qui ne se connaissaient pas et vont voir leurs vies désormais liées de manière inextricable. Au revoir là-haut suit le destin des ces trois hommes qui n'auront de cesse de se croiser.

Derrière les histoires individuelles de Pradelle, Albert et Edouard est esquissé le retour des poilus à la vie libre. Une France à reconstruire, une économie à relancer, des soldats qui n'ont plus de travail, des blessés qui devront réinventer leur vie, des fiancées qui n'ont pas attendu, des familles qui tournent leur dos, des civils qui honorent les morts et crachent sur les survivants. Le retour à la vie civile est compliqué pour Albert et Edouard qui ne savent pas comment sortir de la merde, un seul vêtement fourni à la démobilisation, un travail de rue qui nourrit mal, un logis forçant trop de promiscuité, des médicaments à acheter, l'avenir est sombre. Enfin c'est sans compter sur la personnalité fantasque d'Edouard que l'on apprend à connaître au fil des pages. Si Albert est un petit comptable sans ambition ni imagination mais avec pas mal de volonté et deux pieds sur terre, Edouard est un grand rêveur qui pense que tout est possible. A eux deux ils esquissent un grand projet irréalisable pour sortir de l'ornière. Et puis il y a Pradelle, cet être abject. Pradelle qui va trouver sa place dans le giron d'une famille respectable et pleine aux as. Pradelle qui n'a pas peur d'escroquer les morts et l'état du moment que ça lui profite. Car il y a de l'argent à se faire pour remettre le pays en état. Et cette partie de l'intrigue est basée sur des faits historiques. 1918, la France doit rendre ses morts aux familles, des morts enterrés sur les champs de bataille ou à distance, parfois identifiés, parfois anonymes, parfois en fosse commune. Il va falloir au plus vite construire des cimetières militaires, retrouver les défunts et  les y rassembler. Vite car les familles réclament leurs fils, et aussi car il faut rendre les champs de bataille aux paysans. Alors les corps incomplets, les identifications perdues, les corps allemands mélangés aux français, les morts enterrés sous le nom d'autres... Et j'en passe ! Au revoir là-haut est une bonne base de réflexion sur ce qu'à pu être la France au lendemain de la première guerre mondiale. Un pays qui n'était pas préparé à la reconstruction, à la réinsertion des survivants, à la prise en charge des blessés lourds. L'écriture est simple et efficace malgré son peu de dialogues (l'un des personnages principaux ne pouvant parler), un certain suspens est présent tout le roman et nous entraîne à enchaîner les chapitres. Je me suis longtemps demandée comment ça pouvait se terminer, ne voyant aucune issue satisfaisante possible, je n'avais pas vu venir cette fin ! Les personnages sont tous intéressants, j'ai évidemment d'emblée détesté Pradelle, mais je voulais continuer à suivre ses intrigues en espérant assister à sa chute. J'étais plus circonspecte avec Albert qui m'ennuyait un peu, mais j'avais hâte de savoir comment il allait les sortir lui et Edouard de ce cul-de-sac. J'ai beaucoup aimé Edouard, même si je ne suis pas bien sûre qu'on puisse vivre en 1918 avec des blessures comme les siennes sans mourir de septicémie... Son personnage haut en couleur anime toute la deuxième moitié du roman. J'ai également eu beaucoup d'affection pour Madeleine et son père et j'ai croisé les doigts tout le long du récit pour qu'ils ne se fassent pas embobiner dans les magouilles de Pradelle. Je reprocherais au roman une fin un peu trop abrupte, j'aurais aimé une réaction de la part d'Albert, de Mr Péricourt et de Madeleine. J'espère les voir abordées dans une "suite" que laisse présager l'épilogue. Pierre Lemaître aurait parlé d'une fresque de romans sur le XXe siècle, on peut donc attendre un autre roman qui sans être une suite verrait apparaître certains personnages secondaires de celui-ci dont la petite Louise.

Un très bon livre donc, écriture efficace, intrigues bien menées, personnages bien construits. Et une envie de fouiller un peu dans l'histoire des poilus et de l'après-guerre de 14-18.

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05 janvier 2016

Sur les traces des auteurs scandinaves

Cet été j'ai voyagé à travers la Scandinavie, l'occasion d'en apprendre plus sur des auteurs suédois et danois.

En Suède, le périple littéraire a commencé par la visite de Marbacka, la demeure de Selma Lagerlöf, auteur de Nils Holgersson. Bien que n'ayant jamais lu ce livre, je connaissais l'histoire à travers le dessin-animé des années 80. J'aime visiter les maisons des gens, imaginer la vie qu'ils ont vécu, saisir les ambiances, et je n'ai pas été déçue malgré la visite en suédois dont je n'ai pas compris un mot.

 

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En Suède, Nils Holgersson c'est presque une religion. Il y a des pays qui mettent la tête de leur reine sur leurs billets de banque, là-bas sur le billet de 20 couronnes, il y a Nils sur son oie sauvage !

 

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Selma Lagerlöf a grandi sur cette propriété où il n'y avait à l'époque qu'une petite maison. Plus tard, elle rachète le domaine et agrandi le bâtiment. L'intérieur est une vieille demeure du début des années 1900 richement meublée au style de l'époque. Selma y vivra seule et y écrira de nombreux livres. A sa mort le domaine devient public.

 

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A l'étage dans le bureau, une belle carte de Suède surmontée de ce Nils doré chevauchant son oie.

 

Le périple se poursuit dans le Bohüslan, sur les traces d'Erica Falck, héroïne des polars de Camilla Läckberg. Une petite visite à Tanumshede où nous ne croisons ni Patrick ni son comissariat mais de fameuses peintures rupestres, des milliers probablement. Une mini-rando dans les hauteurs et la boue (non il ne fait pas toujours très beau en Suède, même en Août) permet d'en admirer une partie et d'imaginer de nouvelles intrigues pour Erica et Patrick.

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Pas grand chose à voir à Tanumshede, alors direction Fjällbacka, les panneaux sur la route indiquent des noms familiers aux lecteurs de Läckberg : Grebbestad, Dingle, Munkedal, Uddevalla... Et voilà la petite ville portuaire, décor de crimes fictifs, le soleil y est présent comme un micro-climat, derrière dans les terres c'est la tempête !

 

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Voilà la place Ingrid Bergman, bien petite finalement.

 

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Voilà la ville, le port où a été retrouvée la petite Sara dans "Le tailleur de pierre". Une petite bourgade telle que je l'imaginais pleine de maisons de couleurs en bois, au bord de la mer. Très animée en été, on ne peut qu'imaginer la solitude hivernale quand les vacanciers sont partis.

 

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Puis la brèche du roi, où commence l'intrigue du "Prédicateur", là où un petit garçon trouve le corps d'une jeune fille. Une jolie petite rando en plein coeur de la ville.

 

Le voyage se poursuit au Danemark, Copenhague rend hommage à Hans Christian Andersen par plusieurs statues et plaques commémoratives rappelant les endroits où il a vécu. Andersen, La petite sirène, la petite fille aux allumettes, le vilain petit canard, Poucette, la reine des neiges... Mondialement connu donc. A peine arrivées nous avons tenté la visite du grenier dans lequel il vécu jeune homme au du Magasin du Nord, extrêmement mal indiquée et fermée pendant notre séjour. Dommage, je vous l'ai dit j'adore visiter les endroits où les gens ont vécu !

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A défaut, voilà sur Nyhavn la façade d'une maison où il vécu qui n'est pas visitable et sa tombe, trouvée dans l'obscurité d'un soir d'orage, pataugeant dans la boue d'un cimetière désert à 22h... Expérience intéressante, le flash est étonnant car je me rappelle que la nuit tombante nous empêchait de bien distinguer les noms sur les tombes à moins de s'approcher à 50 cm.

 

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La fameuse Petite Sirène... Petite oui, et entourée de touristes qui lui grimpent dessus, assez décévante finalement. Trop de monde, et les usines de la ville en toile de fond. Dommage. Pas loin une autre statue que personne de va voir de la grande petite sirène aux gros seins, presque plus intéressante !

 

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Copenhague aime bien les statues de son auteur fétiche. La première se trouve dans les jardins du Rosenborg Castle, on tombe dessus un peu par hasard. La deuxième et plus célèbre se trouve près des jardins de Tivoli et est envahies de touristes, moins que la petite sirène, mais pour la prendre en photo sans personne dessus il faut prendre son mal en patience 10 minutes.

 

Avant de terminer ce billet sur la Scandinavie littéraire, un petit mot sur Stockholm. En y allant cet été je ne me rappelais pas qu'un de mes livres préférés enfant se déroulait en Suède, je m'en suis aperçue en le relisant 2 mois plus tard. Un livre en 2 parties de Maria Gripe que je conseille vivement s'il est encore édité. "Qui est à l'appareil", suivi de "Cécilia retrouvée".

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"Chaque fois que Nora est seule dans sa chambre, elle a la sensation d'une présence à ses côtés. D'étranges appels téléphoniques lui évitent plusieurs accidents. Quand elle reçoit par la poste une poupée ancienne, Nora sent confusément que ces messages sont liés à une histoire oubliée et qui pourtant la concerne..."

Une poupée mystérieuse, une présence impalpable dans la chambre de Nora, des secrets... Qui est cette Cécilia Agnes, quel rapport avec son appartment ? Sa grand-mère lui cache-t-elle quelque chose ? La quête passionante d'une jeune fille à la découverte d'une histoire d'un autre temps, d'une petite fille dont personne ne s'occupe. Une réparation à apporter. A un moment donné du livre, Nora et son cousin se rendent à Stockholm à la recherche de Cecilia Agnes, mon voyage récent m'a permis de mettre des images sur Gamla Stan la vieille ville.

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04 janvier 2016

Kate Morton - Le jardin des secrets

Kate Morton - Le jardin des secrets

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1913. Sur un bateau en partance pour l'Australie se trouve une petite fille de quatre ans, seule et terrorisée. Le navire lève l'ancre et elle se retrouve à Brisbane. Si le secret de son débarquement est religieusement gardé par ses parents adoptifs, ceux-ci décident, le jour de ses 21 ans, de révéler à Nell les circonstances étranges de son arrivée dans la famille. Les questions se bousculent : qui est-elle ? D'où viennent ses souvenirs ? Que représente le livre trouvé dans sa petite valise, seule relique d'un passé perdu ? Bouleversée, ce n'est que des années plus tard qu'elle entreprend le voyage vers ses origines. Une quête difficile pour lever le voile sur près d'un siècle d'histoire familiale...


 

 

Kate Morton, une jolie découverte de ces vacances de Noël. Le Jardin des Secrets nous emporte dans des temps anciens et des pays (plus ou moins) lointains à la poursuite d'un bon vieux secret de famille. De 1900 à 2005, des Cornouailles à Brisbane, on suit 3 points de vue entremêlés. L'histoire de 3 femmes qui se rejoint autour d'un mystère, celui de la petite Nell débarquée seule à 4 ans en Australie, sans aucun souvenir, receuillie par un couple en mal d'enfant. L'écriture est fluide, le livre est imposant mais se lit bien (2 jours pour ma part...). Il y a donc Nell que l'on aperçoit petite fille, jeune fille, puis femme d'âge mûr à la recherche de ses origines. Il y a Cassandra, sa petite fille, qui va poursuivre la quête de sa défunte aïeule, on la découvre enfant, on la retrouve adulte. Et enfin Eliza, cette enfant du début du siècle dont on nous narre l'histoire dans les bas fonds de Londres, cette conteuse file rouge que l'on cherche à rattacher aux deux premières. Les époques sont bien campées, les décors aussi. Instantanément sous la plume de l'auteur on sent alternativement la chaleur sèche australienne, l'humidité anglaise, la crasse des docks londoniens, on entend les navires siffler, et la porcelaine tinter à Blackhurst. S'il y avait des reproches à faire à ce livre, ce serait quelques longueurs. Avec les différentes histoires d'Eliza, Cassandra et Nell qui nous sont rapportées en parallèle, on devine, on avance plus vite que les protagonistes dans la résolution du mystère. J'ai regretté également de ne pas avoir fait plus ample connaissance avec les soeurs adoptives de Nell et de ne pas avoir plus plongé dans son enfance australienne. Le livre est déjà dense, tout un pan de la vie de Nell comme celle de Cassandra ne sont qu'effleurés, c'est un peu dommage. Quelques détails enfin à la résolution du secret nous sont laissés à supposer, comme l'identité de la personne qui recherchait Nell à Maryborrough à son arrivée et le rapport inattendu des parents adoptifs australiens avec l'Angleterre.

En feuilletant ce livre à la librairie, j'ai hésité avec d'autres Kate Morton, je crois que j'ai trouvé un bon filon de sagas familiales à secrets.

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