Lucile in the sky

10 juin 2018

Marc Levy - La dernière des Stanfield

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Ma vie a changé un matin alors que j’ouvrais mon courrier. Une lettre anonyme m’apprenait que ma mère avait commis un crime trente-cinq ans plus tôt. L’auteur de cette lettre me donnait rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore et m’ordonnait de ne parler de cette histoire à personne. J’avais enterré Maman à Londres au début du printemps ; l’été s’achevait et j’étais encore loin d’avoir fait mon deuil. Qu’auriez-vous fait à ma place ? Probablement la même erreur que moi. Eleanor-Rigby est journaliste au magazine National Geographic, elle vit à Londres. Un matin, en rentrant de voyage, elle reçoit une lettre anonyme lui apprenant que sa mère a eu un passé criminel. George-Harrison est ébéniste, il vit dans les Cantons-de-l’Est au Québec. Un matin, il reçoit une lettre anonyme accusant sa mère des mêmes faits. Eleanor-Rigby et George-Harrison ne se connaissent pas. L’auteur des lettres leur donne à chacun rendez-vous dans un bar de pêcheurs sur le port de Baltimore. Quel est le lien qui les unit ? Quel crime leurs mères ont-elles commis ? Qui est le corbeau et quelles sont ses intentions ? Au cœur d’un mystère qui hante trois générations, La Dernière des Stanfield nous entraîne de la France occupée à l’été 44, à Baltimore dans la liberté des années 80, jusqu’à Londres et Montréal de nos jours.


 

Ca faisait quelques années que je n'avais pas lu de livre de Marc Levy, je m'étais un peu lassée. Comme d'habitude on se laisse vite prendre au jeu, et son récit se lit tout seul. Ce n'est pas le roman de l'année mais ça tient tout à fait la route en tant que petit divertissement.

Le livre est plutôt chouette, cependant je n'ai pas trouvé les personnages très attachants, on reste énormément en surface en ce qui concerne Eleanor-Rigby, George-Harrison n'est guère qu'un faire-valoir de l'héroïne, j'ai presque préféré le frère et la soeur d'Eleanor-Rigby qu'on voit pas mal dans la première partie du roman mais qui passent au second plan ensuite. Pour ce qui se passe en 1980, le fait qu'on ne comprenne réellement la motivation de Sally-Anne qu'à la toute fin du livre rend l'identification difficile. J'ai également trouvé l'intrigue un peu trop lente à démarrer, on devine une bonne partie des mystères avant qu'ils ne nous soient dévoilés, et le twist de fin aurait presque mérité d'arriver plus tôt pour que l'on puisse l'explorer un peu. Malgré ces quelques petites remarques, ça reste une écriture fluide et agréable à lire. L'intrigue qui démarre plutôt lentement ne souffre pas pour autant de longueurs et le livre se lit rapidemment, on a hâte de savoir ce qu'ont fait Sally-Anne et May, laquelle est la mère d'Eleanor, ce qui l'a poussée à agir ainsi etc... Je crois que le personnage que j'ai préféré au final est May, elle est touchante jusqu'au bout, alors que Sally-Anne est un personnage très dur. Il est frustrant de voir que Michel et son père savent des bribes de ce qu'Eleanor cherche mais le lui cachent sans réelle raison que celle de faire durer le suspens, ce genre de procédé a tendance à m'agacer. La première partie fait surtout office de présentation, d'Eleanor et sa famille, et pose les bases des personnages de 1980, puisque des chapitres dans le passé sont incorporés au présent. L'action arrive en deuxième partie, et tout ce qui se passe à Baltimore est bien dosé, il s'agit enfin d'une vraie enquête sur le passé de la mère d'Eleanor. George-Harrison qui est l'accolyte d'Eleanor-Rigby à Baltimore est un personnage qui aurait gagné à être plus creusé et sa dynamique avec Eleanor est bien travaillée. En bref ce livre aurait pu être mieux géré avec des révélations plus étalées dans le roman, et aurait mérité de s'arrêter un peu plus sur la fin en nous montrant comment la famille se remet de ses révélations sur la mère et ses parents, mais l'histoire reste chouette est assez prenante.

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22 mai 2018

Mazo de la Roche - Les Whiteoak de Jalna

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Jalna est un cercle magique où l'étranger n'entre qu'à ses risques et périls. Dès le premier regard, Renny et Alayne, l'épouse américaine de son frère Eden, ont compris qu'ils allaient passionnément s'aimer, en dépît de leurs scrupules. Si Eden en souffre, il sait aussi qu'il n'a aimé en Alayne que l'admiratrice de ses poèmes.

Adeline, pieusement veillée par Finch, le musicien de la famille, arrive au terme de son long règne sur Jalna. Mieux vaut pour elle ignorer les ravages que le désir et la passion ont exercé sur ses petits-enfants. Elle s'éteint calmement, laissant, comme dernier défi, le plus surprenant des testaments.


 

Voilà un titre bien mal trouvé pour ce livre, un titre tiré d'un paragraphe de cet opus, mais qui pourrait convenir à n'importe lequel des 16 tomes.

" Quelle animation, quelle exubérance, quelle vie !... Peut-être étaient-ils dans le vrai ! Peut-être possédaient-ils un secret perdu pour les autres ! Ils ne se ménageaient guère, ils vivaient largement. Commme des arbres frémissants, ils enfonçaient leurs racines, étiraient leurs membres, luttaient entre eux, se battaient contre les éléments. Ils ne trouvaient rien d'étrange ni d'extraordinaire entre eux : ils étaient les Whiteoaks de Jalna, et l'on n'en pouvait rien dire de plus."

Ce que le titre n'indique pas, c'est qu'il s'agit d'un tome presque entièrement consacré à Finch, c'est Finch qui apprend la vie, et c'est l'acceptation de ce membre un peu original par le reste de la famille en tant que membre à part entière. Au début il est malheureux, maltraité, rejeté à la moindre occasion par sa famille, et à la fin on le trouve plus serein, lorsque Piers l'invite tout naturellement à se joindre à une partie de chasse-camping entre hommes avec Renny, Maurice et deux inconnus. Alors j'avais bien peu de souvenirs de la première moitié de cet opus, car Finch m'ennuyait un peu à l'époque. J'ai donc bien aimé redécouvrir des scènes un peu inédites de cette ère Jalna qui est ma préférée. L'ère des frères Whiteoak, lorsque Renny, Eden, Piers, Finch et Wake sont les héros de l'histoire, avant que l'on en perde en route et que la génération  suivante ne prenne le relais. J'adore aussi la génération suivante, mais c'est différent. Ado, lors de mes longues insomnies, lorsque c'était dans le monde parallèle de Jalna que je me projettais, c'était toujours à ce moment-là, j'étais une soeur, entre Eden et Piers, ou entre Piers et Finch selon les moments.

Alors ce roman est un peu inégal, le début est très lent. Finch se fait un nouvel ami riche et plus âgé Arthur Leigh et nous suivons les aventures de Finch et Arthur au thêatre. Puis Finch retrouve son vieil ami Georges Fennel, et nous avons les aventures de Finch et Georges jouent dans un orchestre, Finch et Georges ivres dans les rues. Puis Finch à New York. Je ne comprends pas pourquoi c'est le volume suivant qui s'appelle tout simplement "Finch Whiteoak" ! La deuxième partie du roman est plus globale, puisqu'elle ramène déjà tout le monde à la maison, Eden le traître et Alayne la femme bafouée. J'ai trouvé agréable à lire cette histoire entre Eden, Alayne et Renny, tout le monde sait qu'Alayne et Eden ne sont plus mariés que légalement et qu'il n'y a plus d'amour entre eux, et la passion non consommée de Renny et Alayne est un secret de leur donne sa bénédiction. Eden est bien plus aimable que dans le tome précédent, j'ai retrouvé le personnage qui ma plaît tant. En lisant ces passages, je me suis demandée comment Alayne pourrait avoir plus tard autant de ressentiment contre Eden, alors que je vois là les prémices d'une nouvelle amitié entre eux. C'est dommage la façon dont l'auteur choisira de traiter les relations d'Eden et Alayne par la suite. Traîne dans le coin la jeune et jolie Minny Ware, bonne d'enfant chez Meg. Ouiiii, Meg a enfin quitté Jalna pour vivre avec Maurice et ils ont eu une petite Patience, voilà enfin la grande maison débarrassée de cette langue de vipère que toute la famille considère comme angélique. Minny donc, est plus rafraichissante, Meg souhaite la coller entre les pattes de Renny, mais c'est évidemment tout autre chose qui va se passer. En relisant ce livre, j'ai compris en quoi Roma était un parfait mélange du caractère de son père et de sa mère... Mazo de la Roche oubliait souvent de faire des petites fiches sur ses personnages, mais elle maniait la psychologie et l'hérédité des caractères de façon assez unique. Si vous ne savez pas qui est Roma, vous le saurez dans 3 tomes, ou en consultant l'arbre généalogique. La grosse intrigue du roman arrive assez tardivement, il s'agit évidemment de la mort de Gran et de son héritage. Je crois qu'il s'agit des meilleures scènes du livre, la dispute à propos du testament d'Adeline contient tout ce qui fait des Whiteoak une famille inoubliable. Ils se déchaînent, font une scène mémorable, les caractères sont exacerbés avec leurs plus gros défauts, et pourtant ce que j'en retiens c'est au milieu de tout cet égoïsme, l'attachement inébranlable de Renny et de ses jeunes frères. Ce sont deux petits moments au milieu de la tempête, très sobres. Il y a Piers, la sanguin qui s'emporte après Meg car Meg est encore en train de critiquer Pheasant (pourtant maintenant la demi-soeur de sa fille...), et qui s'arrête en plein élan juste parce que Renny le lui demande "Si tu m'aimes un peu, tais-toi" et Piers se mord la lèvre en regardant ses pieds mais s'arrête immédiatement. Et puis quelques pages plus loin, Finch qui fait une crise de nerfs, poussé par tout le reste de la famille, qui ne retrouve ses esprits que lorsque Renny le tire hors du groupe familial et le jeune Finch transforme ses hurlements en sanglots dans les bras de Renny. Tout est dans ces deux chapitres, l'égoïsme des Whiteoak, leur dureté les uns envers les autres, mais aussi ces moments en très peu de mots  où ils savent être un soutien pour l'un d'entre eux. J'ai rit et j'ai sourit beaucoup sur ces pages. Et pourtant Finch en bave, on déteste tous les autres de l'injustice de leurs propos. Ils le poussent à l'irréparable, mais là encore l'un des frères est là pour empêcher cela, c'est Eden. Une relation un peu inattendue se forme entre les deux artistes de la famille, ces frères que sept ans séparent, ils se comprennent, Eden commence à entrevoir l'adulte que Finch devient et il se dit qu'il pourrait être un bon compagnon. Mais encore une fois, Eden disparaît. Eden ne fera guère plus que ça, disparaître et réapparaître à des moments inattendus, il ne veut pas être un Whiteoak de Jalna, il veut être un Whiteoak qui court le monde, mais il finira toujours par y revenir. Renny est finalement peu creusé dans ces derniers tomes, mais on assiste tout de même à ce qui se passe dans sa tête de chef de famille qui ne peut supporter la proximité de la mort, et se trouve toujours face à un amour impossible. Alors attention spoiler sur la toute fin du livre, je n'arrive pas à dire ce que je pense exactement de la façon dont Renny et Alayne finissent par se retrouver.  Déjà, est-ce qu'ils ont finalement fait l'amour juste après la demande en mariage acceptée ? Et alors, faut-il trouver ça symbolique que le maître de Jalna mette fin à 2 ans de passion cachée et inassouvie dans le légendaire lit en bois peint qu'il a hérité de Gran ? Ou alors, est-ce plutôt tout à fait gênant de faire ça dans le lit de sa grand-mère décédée depuis un mois, alors que rappelons-le toute la famille est réunie dans le hall, soit derrière la porte ? Je ne sais pas, mais je penche pour la deuxième solution quand même. Sinon, ce n'est guère important mais Piers et Pheasant ont eu un enfant, le petit Mooey (diminutif pour Maurice II), qui est donc à la fois le cousin et l'oncle de la petite Patience.

Ensuite, les petits points concernant l'ensemble de la saga. On apprend que le village à côté Jalna (où Wakefield va acheter des gâteaux et des sodas à Mrs Brawn) a été construit sur d'anciennes terres de Jalna et qu'il se nomme Evendale, nom répété à plusieurs reprises et qu'on n'entendra plus jamais il me semble. On évoque les causes de la mort de Mary Wakefield, rappelons que dans cette saga on ne sait jamais tellement de quoi sont morts les personnages qui nous quittent entre deux tomes. On a fini par apprendre au détour d'un paragraphe que Philippe I était mort suite à un coup de sabot d'un cheval, pour Philippe II je crois qu'on ne le saura jamais, quant à Margaret, la mère de Meg et Renny, c'est à peine si on n'oublie pas qu'elle a existé. Ah si on apprend dans ce volume que Meg s'appelle Margaret d'ailleurs. Donc Mary qui est décédée après la naissance de Wake, j'avais toujours imaginée qu'elle était décédée d'une complication de son accouchement, or il semblerait que non. Ernest et Renny semblent penser qu'elle est décédée de consomption ou de langueur. Alors, moi je suis sage-femme des années 2000 et ces deux termes ne me parlent pas, j'ai donc été chercher un peu. Donc il semblerait que Mary soit morte de tuberculose trois semaines après son accouchement, ça m'étonne du coup un peu que le bébé Wakefield ait survécu exposé à la tuberculose in-utero et en néonatal, ça expliquerait certes sa nature fragile, enfin plus vraisemblablement il devrait ne pas avoir survécu. Je met de côté la théorie de la mort par langueur, qui veut dire que Mary est morte de chagrin après la mort de son mari. On ne meurt pas de chagrin à 45 ans quand on a 4 enfants à élever ! Ah oui, sinon, un moment Renny dit tranquillement que Wake vient de faire une crise cardiaque mais qu'il l'a frictionné et qu'il va mieux, j'adore la médecine de ces années là, le moindre problème de santé a l'air d'être réglé par les Whiteoak avec faisant boire de l'alcool au malade ou en le frictionnant avec (ils font ça avec Eden et Finch aussi). On apprend tout de même qu'ils ont un bon vieux médecin de famille Dr Drummond, qui a mis au monde tous les enfants depuis Meg, dont on n'a jamais entendu parler. Du coup je me demande ce qu'est devenu le Dr Ramsey et quand il est mort, manifestement ce n'est pas lui qui a accouché ses petits-enfants (mais on sait qu'il était encore bien vivant à ce moment, en même temps accoucher sa fille ça peut être bizarre). Bref, il y aurait eu deux médecins de campagne en même temps pendant une bonne dizaine d'années, ils ne devaient pas avoir tant de travail si au lieu de les appeler on soignait tout à l'alcool. Autre petit point médical, on apprend que Finch est né coiffé. Alors quand j'ai lu ça à 10 ans, je n'ai rien compris et internet n'existait pas. Il était né, genre avec la raie au milieu? Avec la coiffe de bécassine sur la tête ? Rien de tout ça ne semblait probable alors c'est resté un mystère. Je m'en suis rappelée plus tard et j'ai appris que c'était naître dans sa poche des eaux intacte, et effectivement c'est rare. Il m'est déjà arrivé depuis d'avoir fait naître un enfant coiffé, de penser à Finch en le faisant, et de dire à la mère que ça portait chance juste parce qu'un Whiteoak l'avait dit ;-) Et concernant le voisinnage, il me semble qu'on nous dit que le vieux Guy Lacey qui avait 82 ans dans le tome précédent, donc l'année dernière, est mort depuis à l'âge de 90 ans, ne cherchons pas...

 

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15 mai 2018

Mazo de la Roche - Jalna

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A Jalna, on prépare le centenaire d'Adeline comme une véritable fête nationale. En attendant, c'est l'effervescence. le courageux et sensible Piers, le plus rustique des cinq frères, a déclaré son amour à Pheasant, toujours proscrite chez les Whiteoak à cause du ressentiment de Meg, qui ne parvient pas à pardonner à Maurice. Au bout de vingt ans, ce malentendu cessera-t-il enfin ?

En revanche, tout semble sourire à Eden. De New York, où il a réussi à se faire publier avec succès, il revient avec des rêves de gloire et une promesse de bonheur en la personne d'Alayne Archer, sa jeune éditrice. La jeune femme découvre le charme de la vie à Jalna mais aussi l'attrait sauvage de Renny, le maître des lieux.

L'anniversaire d'Adeline promet d'être mouvementé.


 

Nous y voilà, c'est le tome originel, celui par lequel tout a commencé. Et en effet, il se passe pas mal de choses dans cet opus. Mais je commencerais par reprendre le résumé. J'aime beaucoup Piers, mais je n'aurais jamais songé à le qualifier de "sensible" ...  Ensuite je ne suis pas certaine que Meg nous pardonne de parler de "malentendu" à propos de l'enfant illégitime que son fiancé a eue juste avant leur mariage. Quant à Alayne, ce n'est pas le charme de la vie à Jalna qu'elle découvre, de son point de vue c'est plutôt l'ennui. Enfin, broutilles.

Jalna nous raconte donc les histoires d'amour des frères et soeur Whiteoak, et cela va bon train. Les couples se font, se défont et parfois se reforment, à nous en faire un peu perdre notre latin. Les caractères des plus jeunes Whiteoak s'affinent, et l'auteur nous offre encore quelques délectables disputes de famille. Eden revient victorieux de New York, il a enfin publié ses poèmes et ramène une femme, une intellectuelle qui porte un nouveau regard critique sur le microsome qu'est Jalna. En cela elle rappelle un peu Mary Wakefield à son arrivée. J'ai essayé d'aimer Alayne, mais je n'y ai qu'à moitié réussi. Je comprends son sentiment d'être une étrangère dans cette maison haute en couleur, elle qui vient d'une petite famille de trois où tout était calme et bien rangé. j'aime qu'elle essaie de se nouer d'amitié avec Pheasant et les oncles. Mais son côté hautain m'agace toujours, et puis il faut avouer que même si elle sauve probablement un peu Finch, elle met le bazar dans la famille ! Eden s'affirme ici de plus en plus égoïste, délaissant sa femme et la promesse d'un travail stable et d'une maison à eux, au profit de sa petite personne, n'ayant que faire des retombées de ses actes autour de lui. Et malgré tout cela, j'aime toujours ce personnage un peu nébuleux, rêveur et volontaire, qui vit dans son propre monde régit uniquement par ses envies. Eden n'a jamais été fait pour vivre en collectivité, et surtout pas au sein de cette famille un peu étouffante et moralisatrice, il part à la fin et c'est ce qu'il avait de mieux à faire, cette province de l'Ontario est trop petite pour lui. Piers est presque tout le contraire d'Eden, à l'exception qu'ils sont probablement aussi tétus l'un que l'autre et ont cette même propension à tourmenter leurs plus jeunes frères pour passer le temps. Piers est un personnage que j'avais beaucoup aimé à mes premières lectures et que je m'attendais à trouver moins intéressant maintenant, or ce n'est pas du tout le cas. J'aime son personnage entier, il est fait d'un seul bloc, solide et fidèle. Piers ne comprend rien à l'art, ni à la littérature ni à la musique, c'est un garçon de la campagne qui aime s'occuper de ses chevaux, de ses pommes et retrouver sa jeune femme. Il a choisi Pheasant contre l'avis de sa famille et n'admet pas qu'on la traite mal, elle est la femme de sa vie et la fille de Maurice Vaughan, elle mérite d'être considérée en tant que telle. Et la famille se range à la volonté de Piers. Il n'est peut-être pas un personnage très nuancé, mais on doit lui reconnaître sans trop spoiler qu'il sera probablement le seul Whiteoak (mis à part Philippe, le premier du nom) à être fidèle toute sa vie à la même femme. Même si on ne peut pas vraiment compter le deuxième mariage de Philippe II, il était veuf le pauvre. Et que Wake ait aussi une histoire amoureuse compliquée dont il n'est pas pas du tout responsable, enfin nous en reparlerons dans 5 tomes. Piers est constant, on ne peut pas lui enlever ça. Finch maintenant, est presque un homme qui se débat dans un corps d'adolescent maladroit. Beaucoup de lecteurs aiment Finch, moi il me met mal à l'aise, j'avoue préférer du loin l'adulte qu'il deviendra. Finch n'est pas sûr de lui et chez un Whiteoak c'est prêter le flanc aux railleries. Celles de Piers d'abord qui le prend pour un idiot, celles d'Eden qui se moque de ses maladresses et hésitations, et même celles du jeune Wake donneur de leçons. Renny ne le comprend pas mais garde un regard bienveillant sur ce jeune frère un peu original qu'il faut aider à sortir de son cocon, même s'il s'y prend plutôt mal. Finch est médiocre en cours, carrément mauvais en algèbre et se sent persécuté par tous les habitants de Jalna. Et pourtant on décèle chez chacun des Whiteoak un regard affectueux sur Finch, parfois très furtif, même chez Piers. C'est probablement l'arrivée d'Alayne dans la famille qui va aider Finch, elle va convaincre Renny d'engager un vrai professeur de piano pour donner des leçons à Finch qui se révèle très prometteur dans ce domaine. Les passages sur Finch ne sont pas mes préférés, ce garçon me met mal à l'aise tellement il l'est lui-même, mais je comprends qu'on puisse aimer ce personnage, il est touchant. Et puis vient Wakefield, ce petit dernier à la santé fragile qui dort chaque soir dans le lit de Renny. Wake est tout bonnement insupportable, un vrai petit Whiteoak déjà imbus de lui-même à neuf ans. il faudra attendre son passage à l'âge adulte pour qu'il s'assagisse. Et pourtant j'ai toujours été attachée à ce petit bonhomme, j'aime les côtés qu'il fait ressortir chez Renny. L'aîné des Whiteoak a une affection toute particulière pour ce plus petit frère qu'il a élevé, ce qui le rend parfois tout à fait injuste envers Finch. Oui Finch est parfois très durement traité par Renny. Dans ce tome le chef de famille se voit tiraillé entre ses sentiments pour une femme et son amour pour ses frères, et si lui ne peut imaginer trahir un de ses frères, Eden lui, ne se pose pas toutes ces questions. De leur côté, les oncles et Gran  observent tout ce petit monde sans oublier de donner leur avis, ils sont plus spectateurs qu'acteurs. La tante Augusta fait son retour sur la fin du livre, désormais veuve, c'est une femme un peu guindée, habillée à l'ancienne, mais finalement bien plus moderne que ses frères dans le regard qu'elle porte sur la jeune génération.

Il s'agit d'un tome fondateur, la dynamique des Whiteoak sera ensuite toute différente de ce qu'elle était avant "Jalna", c'est là que naissent des rivalités qui seront parfois insurmontables, que d'autres disparaissent. C'est probablement finalement par celui-là qu'il faut commencer, et ensuite décider soit de les lire dans l'ordre où ils ont été écrits, soit de façon linéaire du 7 au 16 puis lire les 6 "prequels".

Concernant la continuité, j'ai encore relevé des incohérences concernant la famille Lacey. Nous sommes en 1925 et les demoiselles Lacey ont 63 et 65 ans, leur père l'amiral Guy Lacey a 82 ans. Après un petit calcul, je reviens donc à l'époque de "Matins à Jalna" où Augusta était amoureuse de Guy. Il avait donc déjà 21 ans et 2 filles, ça ne colle pas Mme de le Roche ! Je suis également un peu perdue dans la configuration de la maison, j'avais toujours imaginé qu'il y a avait 4 chambres au 1er étage et 2 ou 3 au 2ème étage, mais la maison semble extensible. On sait que Gran dort au rez de chaussée, que Nicolas, Ernest, Meg et Renny ont leurs chambres au 1er et qu'au dernier étage Piers et Finch partagent une chambre et qu'Eden dort à côté. J'imaginais que Wake devait avoir une chambre au 2e également même s'il dort toujours avec Renny. Pour le reste j'imaginais plus ou moins que Renny avait récupéré la chambre qui était celle de son père, que Meg avait l'ancienne chambre d'Augusta, qu'Alayne récupèrerait par la suite. En fait ça semble plus grand car dans ce tome, Nick, Ernest, Meg et Renny ont bien chacun leur chambre au 1er et Eden et Alayne en récupèrent une également ainsi que Piers et Pheasant, et où dort Augusta ? Pas au grenier avec les enfants j'imagine... Ca dérange un peu mon esprit cartésien j'avoue. 6 ou 7 chambres au 1er et on fait dormir Piers et Finch ensemble au grenier au début du livre? 

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07 février 2018

Jim Fergus - Mille femmes blanches

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En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles... L'une d'elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l'agonie de son peuple d'adoption...


 

Après l'esclavage des noirs, voilà un nouveau volet sombre de l'histoire américaine : le génocide du peuple natif, les Indiens d'Amérique, les peaux-rouges, les sauvages comme on les appelle. Ce roman fait appel à toutes ces histoires de cow-boys et indiens avec lesquelles on a joué dans notre enfance, sans trop savoir de quoi il retournait vraiment. Il s'agit du journal d'une femme blanche dans les années 1870 qui part vivre dans une tribu Cheyenne. Et tout est là pour nous ramener à notre imaginaire d'enfant, les grandes plaines, les bisons, les peaux d'antilopes, les tipis, les peintures sur le corps, les cérémonies autour du feu... La première partie du récit est un peu lente, elle met en place les pions. On fait connaissance avec le groupe de femmes blanches volontaires, celles sorties de l'asile, celles sorties de prison, et celles qui trouvaient qu'une vie de nomade avec un mari serait toujours plus enviable que celle qu'elles vivaient jusque là. Et puis on apprend à connaître la tribu Cheyenne par les yeux de May, la vie dans les tipis, les règles de vie de ce peuple, le respect les uns des autres, et puis parfois les déboires lorsqu'un tonneau de whisky est livré. On voyage avec eux à travers les plaines, et franchement, ça donne envie d'aller passer des vacances dans les Black Hills. Et puis l'action finit par arriver et ensuite tout va assez vite, on ne lâche plus tellement le livre.

C'est intéressant que l'auteur ait choisi un cadre historique assez précis et des figures indiennes ayant vraiment existé. Les faits réel : Little Wolf a rencontré le président Grant à Washington, mais personne ne sait ce qui s'est dit. Ensuite on navigue entre la ruée vers l'or, la bataille des Black Hills, l'extermination des tribus qui refusaient de quitter leurs territoires pour se rendre dans les réserves. Et c'est là qu'avec mes petits yeux de française des années 2000, je me demande comment on peut apprendre ça aux petits américains d'aujourd'hui dans les écoles sans qu'une grande honte ne s'abatte sur eux, qu'est-ce qu'on leur raconte? Car le fait est que de nos jours, il semble que les Natives Americans, comme on dit désormais, soient toujours en marge de la société. Je suis naïve mais je ne comprends pas. Si on résume : ce territoire était peuplé de nombreuses tribus, qui ont été décimées par pas mal de maladies à l'arrivée des blancs. Les colons s'installent et repoussent le peuple natif dans différents territoires. Pour ce qui est raconté dans le livre, on promet aux Cheyennes de leurs laisser le territoire des Blacks Hills "pour toujours", c'est vaste, les Cheyennes s'en accomodent. Ils chassent le bison devenu rare depuis l'arrivée des blancs, ils échangent une partie de leur chasse contre d'autre produits dans les forts, ils vivent en liberté, ça leur convient. Mais pas de chance, on découvre des mines d'or dans les Black Hills, alors on retire aux tribus qui y vivent le droit de rester dans les Blacks Hills et on les parque bon gré mal gré dans des réserves où ils devront apprendre à vivre en sédentaires, à cultiver la terre et à dépendre de ce que les blancs leur donneront. Et ceux qui ne sont pas d'accord seront exterminés. Est-ce qu'on apprend ça aux petits américains ? Que pour de l'or, les cupides colons blancs ont appauvri, enelvé toute liberté ou exterminé ces peuples à qui ce continent appartenait et qui n'avait rien demandé ? Alors oui, ce n'est sûrement pas aussi simple, et je sais bien que côté colonisation nous avons aussi des choses à nous reprocher, mais c'est le sentiment amer que me laisse ce livre.

A lire, et prévoir de voyager des les plaines américaines par la suite !

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25 janvier 2018

Kathleen Grissom - Les larmes de la liberté

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En 1810, James Pyke, 13 ans, fils d'un planteur et d'une esclave, fuit sa Virginie natale. Vingt ans plus tard, le jeune homme, qui a toujours caché le secret de ses origines, a intégré la haute société de Philadelphie et vit une passion avec une ravissante aristocrate, Caroline. Mais celle-ci tombe enceinte et, rapidement, son père menace James. C'est alors que Pan, serviteur et petit protégé du jeune homme, est enlevé et vendu comme esclave en Caroline. James décide de partir à sa recherche. Pourtant, dans cette Amérique sudiste impitoyable, il sait que sa tête est toujours mise à prix. Parviendra-t-il à sauver Pan au péril de sa vie ? Retrouvera-t-il Caroline, son grand amour et la mère de son enfant ? 


 

Voilà la suite de "La colline aux esclaves", qui pourra tout-à-fait se lire sans le premier, mais pourquoi faire ça ?

Alors que le premier récit s'attachait au destin de Lavinia, et secondairement à celui de Belle, nous zoomons cette fois sur Jamie, le fils de Belle. Jamie était un des nombreux personnages secondaires du premier opus, et pas le plus sympathique, c'est pourquoi j'ai commencé ce livre avec quelques doutes. Vingt ans ont passés depuis la fin de "La colline aux esclaves" et nous avons quitté la Virginie pour le nord des Etats-Unis où nous retrouvons James, adulte, confortablement installé dans la haute société de Philadelphie. Et pourtant le passé est toujours proche, avec ses secrets qui ne demandent qu'à être révélés. Et voilà la plus grande peur de James Pyke/Burton. On apprend à aimer James, on découvre ce qu'il y avait dans la tête du gamin hautain que nous avions entrevu, on comprend les doutes de l'homme. Car si James Burton fait partie de la société aristocratique blanche de Philadelphie, on sait bien qu'il est né du viol d'une esclave métisse par son maître blanc, qu'il a tué son père et fuit la condition d'esclave qui l'attendait. En en 1830, si cela se sait, il ne sera jamais qu'un nègre et devra faire une croix sur sa vie. Or, les secrets ne sont pas si lojn  enfouis et menacent de ressortir, surtout lorsque James doit repartir vers le sud pour aller chercher son petit protégé noir qui s'est fait enlever par des marchands d'esclaves.

On s'attache finalement très vite à James, on apprend ce qui lui est arrivé durant ces vingt années, qui l'a aidé à arriver jusque là, et James est reconnaissant. On craint avec lui la réaction de la haute société blanche, et on a envie de le voir tout faire pour aider ce vieil homme noir qui l'a recueilli autrefois. On le suivra dans le sud où bien des difficultés l'attendent, et on espère qu'il fera les bons choix. Car c'est avant tout l'histoire d'un homme qui a fuit, et qui a peur qu'on le rattrappe, et la peur parfois entraîne la lâcheté de l'être humain. J'ai lu avec un noeud au ventre toute la partie du récit qui se déroule au pays des esclaves. J'ai aimé avoir de courtes nouvelles de Belle et Lavinia, et puis de façon inattendue de Sookie. Pan est un gamin très attachant, plus que ne l'était Jamie, il est plus courageux que ne l'a jamais été son mentor et on peut dire qu'à douze ans, l'élève dépasse le maître. James vient au secours de Pan physiquement, mais c'est probablement Pan qui est la rédemption de James. Je ne serais pas contre un troisième opus nous racontant ce que devient Pan. Car le livre se termine sur une ouverture et je suis curieuse de savoir quelle vie attend les protagonistes qui nous restent.

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07 janvier 2018

Kathleen Grissom - La colline aux esclaves

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États-Unis, 1791. Lavinia, jeune orpheline irlandaise, se retrouve domestique dans une plantation de tabac. Placée avec les esclaves noirs de la cuisine, sous la protection de Belle, la fille illégitime du maître, elle grandit dans la tendresse de cette nouvelle famille.
Cependant, Lavinia ne peut faire oublier la blancheur de sa peau : elle pénètre peu à peu dans l'univers de la grande maison et côtoie deux mondes que tout oppose. Jusqu'au jour où une histoire d'amour fait tout basculer... Le petit monde de la plantation est mis à feu et à sang, de dangereuses vérités sont dévoilées, des vies sont menacées...


Voilà une histoire tout en rebondissements que j'ai dévorée en 3 jours. Ce livre, qui retrace l'histoire de Lavinia sur une quinzaine d'années, se laisse difficilement poser. On entre par la petite porte dans la vie d'une plantation de tabac du sud des Etats-Unis bien avant la guerre de sécession. Lavinia, une petite blanche de 7 ans, est adoptée par une famille d'esclaves noirs qui la traitent comme l'une de leur, en sachant qu'un jour son destin se séparera des leurs, de part la couleur de sa peau. On navigue entre les intrigues de la grande maison, de ce Capitaine plutôt aimable qui va et vient, sa femme meurtrie de chagrins, ses enfants si différents, à la vie à la dépendance et aux cases. Et là il y a deux équipes, la famille de Mama Mae et Papa George qui sert la grande maison, plutôt épargnée au départ par des maîtres compréhensifs, et les esclaves des cases, ceux qui travaillent à la plantation, travail rude, malmenés par Rankin, le contremaître ivrogne qui les bat, les affame et viole les femmes.

La narration est en deux temps, c'est Lavinia qui nous raconte son histoire la plupart du temps, et laisse parfois la parole à Belle, la jeune esclave à qui elle a été confiée et qui lui sert de mère. Les récits de Belle viennent compléter le discours d'une petite Lavinia à qui on ne raconte pas toujours tout pour la protéger. Au fil des pages on s'attache évidemment à la naïve Lavinia, puis à Belle, fille illégitime du Capitaine, ce que personne à part la famille du capitaine ne semble ignorer. Le Capitaine a pour Belle des espoirs de la voir échapper à cette vie d'esclave, mais avec tous les obstacles qui se présentent sur la route de la jeune fille, et puisqu'aucun avenir ne l'attend ici, arrivera-t-elle à sortir de Tall Oaks ? Et puis il y a Mama Mae et Papa George qui prennent soin de Lavinia comme de leurs propres filles, Dory qui voudrait se marier avec Jimmy, un jeune homme des cases, contre l'avis de Rankin, les jumelles de l'âge de Lavinia : Beattie et Fanny. Ben, le fils aîné de Mama et Papa, pour qui Lavinia a un faible mais qui est épris de Belle (qui le lui rend bien) au grand damne du Capitaine. On apprendra aussi à connaître le capitaine, sa femme Martha d'abord hautaine puis pleine de faiblesses, leurs enfants Marshall, jeune garçon sous l'influence de Rankin, sans cesse sur le fil et pour qui on espère la rédemption, et Sally, petite fille joyeuse qui aime venir jouer à la dépendance avec Fanny Beattie et Lavinia. Plus tard on aimera aussi Sookie, Campbell, Meg, Will, Jamie...

La colline aux esclaves est riche en personnages et en destins cruels. On assiste impuissant aux drames qui terrassent les esclaves comme leurs maîtres, en se demandant si une fin heureuse peut vraiment sortir de tout ça. Cette lecture fut un vrai plaisir, et j'attends avec impatience de mettre la main sur la suite "Les larmes de la liberté" qui se concentre sur le destin du jeune Jamie parti faire sa vie à Philadelphie.

 

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10 décembre 2017

Mazo de la Roche - Les frères Whiteoak

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La vie à Jalna, toujours dominée par l’imperieuse silhouette d’Adeline, ne ressemble jamais à un fleuve tranquille. Songeant à abandonner ses études pour tenter de se faire éditer à New-York, Eden, l’aspirant romancier, a de pressants besoins d’argent. Un certain Mr Kronk, financier avisé semble-t-il, lui fait miroiter une fortune rapide par un placement sur les mines du lac indigo. Le jeune homme entraîne tous les membres de sa famille dans cette aventure boursière, à l’exception de Renny, trop occupé par la préparation du Grand Prix.


 

Ce tome pourrait bien s’appeler  Les faits et gestes des Whiteoak. Il ne s’y passe pas grand chose d’important dans le grand schéma de l’histoire familiale, la compréhension de l’histoire globale de la saga ne serait pas gênée par son absence, et pourtant il aurait été dommage de s’en passer. Je crois qu’il s’agit d’un tome de remplissage écrit à posteriori lorsque les fans réclamaient des nouvelles des Whiteoak et que l’auteur pensait avoir déjà tout dit. Alors au lieu de nous raconter quelque chose d’important, elle nous creuse un peu les personnages. Eden tient ici la vedette, il et plein de rêves, d’ambitions et se fraie un chemin dans la vie. J’ai toujours aimé Eden et je ne me plaindrais jamais qu’on se penche sur son cas. Ce livre présente aussi le début de l’histoire d’amour maladroite entre Piers et Pheasant et ça c’est quand même essentiel. J’avais assez peu de souvenirs de ce tome qui a dû moyennement m’intéresser lorsque j’etais enfant, les histoires de placements financiers probablement. Chacun suit son petit bonhomme de chemin, Finch grandit, Wake commence à être insupportable (et dire que je l’adorais à l’époque...), Piers choisit la voie de la ferme et tombe amoureux, Eden est un jeune adulte qui veut s’affranchir de la vie que son frère a choisi pour lui, et ce faisant il va entraîner toute sa famille dans une opération boursière fumeuse, en toute honnêteté. Eden est un subtil mélange entre la forte tête des Whiteoak et les rêves de sa mère. Et pendant ce temps, Renny essaie de résister à Dilly, une jeune amie d’Augusta en séjour à Jalna. Dilly m’a beaucoup fait rire dans sa façon un peu grossière de vouloir conquérir le cœur du maître de Jalna, elle est à la fois agaçante et touchante. On sait que ses manœuvre ne mèneront à rien, mais c’est distrayant. Et en toile de fond un concours hippique, Pheasant qui met les pieds à Jalna pour entraîner un cheval et Meg qui fait toujours sa mauvaise tête. Nick et Ernest sont deux vieux monsieurs qui s’ennuient et cherchent des distractions, et Adeline commence à être un peu gâteuse.

je crois qu’à un moment il est à nouveau question du nombre d’enfants qu’à eu la mère d’Adeline mais j’ai oublié, j’ai fini ce tome il y a plus d’un mois! 

Il est amusant de voir que ce tome s’arrête exactement là où le suivant va commencer. Le suivant qui est d’ailleurs le tome fondateur de la saga, le tout premier.

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17 octobre 2017

Thomas Snégaroff - Kennedy, une vie en clair-obscur

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La vie de John Fitzgerald Kennedy n'a été qu'ombres et lumières ; des lumières d'un incroyable éclat et des ombres d'une noirceur inquiétante, comme autant de signes d'une destinée tragique. Véritable caméléon, JFK aura toute sa vie admirablement joué le rôle que d'autres lui ont attribué, et en premier lieu son père. Un père à l'ambition dévorante qui, tel un démiurge, façonne les garçons du clan en hommes de pouvoir. Mais JFK n'est pas qu'une simple marionnette, il est doté d'une grande intelligence et d'un charisme hors du commun, rien ni personne ne lui résiste, surtout pas les femmes. Il transforme le médiocre en excellence, un corps malade en un corps triomphant. Grâce à de nouveaux éléments peu connus du public français et refusant tout autant l'idolâtrie que le sensationnalisme, Thomas Snégaroff dresse le portrait sensible d'un homme dont le destin continue, un demi-siècle après sa mort, de nous fasciner.


 

La dynastie Kennedy, ses secrets, son incarnation du rêve américain, ses magouilles, son clan, tout ça me fascine un peu. C'est comme lire un scénario improbable de série TV qu'on trouverait vraiment bien foutu, sauf que c'est arrivé. L'arrière-petit-fils d'imigrés irlandais, débarqués en Amérique sans un sou, qui devient président des Etats-Unis, ce n'est pas beau ? Joe et Rose Kennedy qui élèvent 9 enfants et promettent chacun de leurs fils à un avenir politique. Joe jr, le premier, celui qui doit devenir président, qui meurt à la guerre et John le cadet qui doit reprendre le flambeau au pied levé. Bobby, le troisième, propulsé bras droit de son aîné en campagne puis à la maison blanche. Bobby qui essaiera de poursuivre ce qu'il avait fait avec son frère, après l'assassinat de JFK et sera à son tour assassiné lors des primaires de Californie. Et enfin Ted, le petit dernier, qui renoncera à se lancer à son tour dans la course à la présidence après avoir reçu des menaces et vu ses 3 aînés mourir. Il y a les filles Kennedy aussi, celles qui vont aider à mettre John sur le trône en organisant des Tea Party dans tous les Etats-Unis. Et puis celle qu'on cachera car elle est retardée mentale et fait tâche dans le tableau. Celle qui sera reniée car mariée avec un homme divorcé et qui sera la première des enfants Kennedy à mourir. Sans oublier Jackie, sa vie de first lady, mariée à mari volage, ses grossesses tragiques aboutissant certes à deux beau petits enfants, mais aussi à un bébé mort-né et un qui  ne survivra guère 48h. Jackie et son tailleur rose tâché de sang à Dallas. Alors oui, on pourrait tenir plusieurs saisons de série avec le clan Kennedy, mais au fait JFK lui-même, qui était-il ? C'est à cette question que tente de répondre ce livre.

"Kennedy une vie en clair-obscur" commence avant la naissance de John, que l'on appelera d'ailleurs Jack tout au long du récit, et se termine le jour de ses funérailles. Il est en effet question de Jack, l'homme privé et non John la figure publique. Le récit est à peu près linéaire mais discontinu. Chaque chapitre va s'attacher à un évènement important dans la vie de Jack Kennedy, il va commencer par relater cet événement puis nous raconter tout ce qui y a mené et tout ce qui en découle. On revient parfois une ou deux années en arrière au cours d'un même chapitre, et on saute souvent de nombreuses années entre deux. il ne s'agit pas de raconter la vie entière de Jack, mais d'essayer de nous faire comprendre quel impact sa vie à eu sur lui. On nous présente au début ce frère toujours en compétition avec Joe Jr, ses nombreux séjours à l'hôpital car Jack était atteint de maladies chroniques, sa volonté de toujours être aussi bon que son aîné, la carrière politique à laquelle leur père destinait Joe Jr. A cette époque Jack est le second, alors comme un frère cadet de prince héritier il se rebelle et tente de n'en faire qu'à sa tête, parce qu'il n'a pas la pression de l'aîné et pour se faire remarquer. Le livre nous raconte que Kennedy était un homme à femmes mais ne se préoccupait guère de les satisfaire au lit. Voilà qui était Jack Kennedy, un homme tentant de dompter la faiblesse de son corps malade, un homme qui ne pensait qu'à lui-même, un homme ambitieux. Alors quand Joe Jr meurt à la guerre alors que Jack a été déclaré héros, les portes s'ouvrent grandes devant lui. Par la suite il est question de Jackie un peu, des primaires, de l'élection présidentielle, de Kroutchev, de la crise des missiles de Cuba, de la bataille pour les droits des noirs, à peine du père qu'il fut, beaucoup de l'aura qu'il avait, des femmes qu'il a séduites, de Dallas.

C'est un livre qui parle presque exclusivement de Jack Kennedy, un peu de Joe Sr. Autour gravitent des gens sur lesquels on s'attarde peu, même s'ils ont eu une place importante dans l'histoire de JFK, Bobby, Jackie, Caroline et John-John, tous ne font que passer. C'est d'autres ouvrages qu'il faudra lire si on veut s'y intéresser de plus près. On suit Jack à travers les péripéties de sa vie, le récit prend parti mais me semble relativement objectif, l'auteur s'appuie souvent sur des citations d'amis ou  de gens qui ont cotoyé JFK. L'ensemble est facile à lire, chaque chapitre clôt un moment particulier de la vie du président américain, ce qui en fait une suite de petites histoires relativement courtes et non un gros pavé racontant tout la vie de JFK. On visualise la dualité de ce personnage qui se devait d'incarner le rêve américain, tout en domptant des douleurs importantes et l'idée que son corps allait le lâcher jeune. Ironiquement, cette image d'homme jeune, en bonne santé, toujours bronzé, c'était sa maladie qui la lui donnait. La maladie d'Addison, une insuffisance surrénalienne donnant une hyper-pigmentation de la peau...

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11 octobre 2017

Mazo De La Roche - L'héritage des Whiteoak

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De grandes difficultés attendent Renny et Maurice, de retour à Jalna après avoir héroïquement combattu en Europe durant la grand guerre. Maurice tente vainement de reconquérir Meg, qui supporte mal son humiliation. Déchiré entre le remord et l'amour qu'il lui porte encore, il sombre dans l'alcool. Renny doit reprendre en main le domaine plus ou moins laissé à l'abandon par ses frères pendant son absence. Pour se renflouer, il songe à gagner un grand Prix grâce au meilleur pur-sang de son écurie. C'est ainsi qu'il fait la connaissance et s'éprend de Chris Dayborn, belle cavalière anglaise croisée un jour chez Mrs Stroud, une aventurière amie des arts auprès de qui son frère Eden fait ses premières armes d'écrivain et de poète.


 

Nous voilà arrivé au point de la saga où les titres n'ont plus grande importance et sont tout à fait interchangeables, n'ayant pas grand rapport avec le sujet de chaque volume. Il faut un titre ? Mettons Whiteoak ou Jalna et affublons-le d'un autre mot qui fait romanesque. C'est aussi le volume dans lequel la famille met en place une dynamique qui la suivra un bon moment. Philippe et Mary sont morts, Renny prend les rênes de la famille et de l'éducation de ses jeunes frères, Meg est leur figure maternelle, la vieille Adeline régente tout ça de haut et les oncles (qui vivent désormais à Jalna) les regardent vivre de leur fauteuil au coin du feu. Jalna c'est l'histoire de ces six frères et soeur qui grandissent ensemble, qui vont apprendre à vivre, à aimer, se marier, avoir des enfants, tout le reste n'est guère que Prequel.

Dans ce tome, Renny tombe amoureux et vivra une idylle secrète et impossible, qui bien que courte n'en est pas moins importante dans l'histoire générale. Il est intéressant pour ceux qui connaissent la saga dans son ensemble de savoir que juste après ce livre (le 5e dans la chronologie), l'auteur a enchaîné sur l'écriture du 12e "Le destin de Wakefield", dans lequel Wakefield a, à son tour, des amours contrariées. Donc Renny est amoureux de Chris, mais il a aussi pas mal d'autres nouvelles choses à gérer. Le domaine dont il a hérité de son père, les avis et reproches de sa famille, et l'éducation de ses frères. Notament Eden qui lui donne du fil à retordre. Eden est passé d'un tome à l'autre du petit garçon idolâtrant son frère, à un jeune homme de dix-huit ans qui aspire à autre chose de la vie que ses études de droit. Eden écrit des poèmes, et ça ne plait pas tellement à son aîné, il sèche les cours pour aller discuter littérature avec une femme veuve bien plus âgée (35-40 ans selon mes estimations), une intriguante selon les Whiteoak, qui mettront un place des stratagèmes pour les éloigner. Piers et Finch ont quinze et onze ans et ne posent pas tellement de problèmes. Wakefield, le petit dernier orphelin de naissance et trop gâté, a quatre ans et développe une peur panique envers ce nouveau grand frère, ce qui vexe grandement Renny. Meg est insignifiante. Et puis il y a Pheasant, l'enfant illégitime de Maurice, qui grandit seule avec une gouvernante à Vaughanland depuis le décès de ses grands-parents et rêve d'attirer l'attention de son père. Maurice est une loque incapable de faire quoi que ce soit à part noyer son chagrin d'amour vieux de douze ans. Alors Pheasant court les champs, joue avec Finch et se raccroche à l'affection de Renny. Renny, cette bonne vieille tête rouge n'aime rien tant que d'avoir des enfants autour de lui, et prend sous son aile la petite fille de son ami.

L'intêret de ce tome est dans les interactions entre les membres de la famille (qui ne sont pas si nombreuses cette fois) et l'intrigue autour de Chris et du Grand National. On apprend également à connaître Eden, qui est un personnage que j'affectionne particulièrement. Il est le premier Whiteoak à réellement vouloir se lancer dans une carrière artistique (Ernest  et son interminable livre sur Shakespeare ne compte pas), il a un tempérament obstiné, il est bon en sports mais ne s'y intéresse pas le moins du monde. Eden est un subtil mélange entre le caractère bien trempé des Whiteoak et la sensibilité de sa mère Mary. L'intrigue avec Mrs Stroud en revanche m'ennuyait fermement quand j'étais enfant et c'est toujours le cas. Cette femme ne m'intéresse tout simplement pas et n'amène que des problèmes. Certes ça sert l'intrigue du livre, mais c'est long...

Et enfin le petit point continuité. Comme d'habitude on entend Adeline parler de sa famille irlandaise, cette fois sa mère n'aurait pas eu 11 enfants mais 16. Je crois qu'il faut plutôt rester sur la version 11 qui est plus fréquente, on va dire que la vieille commence à yoyoter. Toujours est-il qu'elle mentionne ses frères Thadée et Abraham, ce qui ajouté à Judith, Conway, Sholto, Timothy et Esmond nous amène à 8 enfants Court, ça ne colle plus avec la version disant que 4 sont morts en bas-âge. Mazo De La Roche aurait vraiment pu prendre des notes... Concernant le voisinnage, on retrouve Lily Pink, la jeune fille de "Mary Wakefield" amoureuse de Philippe II qui avait joué du piano à lui et Mary, lors de leur première valse ensemble dans la lumière tamisée du salon. Actuellement elle est vieille fille célibataire et donne des cours de piano au troisième fils de Philippe et Mary, Finch. On regrette un peu de ne pas savoir de quoi est mort Philippe d'ailleurs. On sait juste qu'il est décédé pendant que Mary était enceinte de leur quatrième fils et qu'elle est décédée en couches quelques semaines après la naissance de Wake.

Aparté, j'avais découvert cette saga en regardant la série de l'été adaptée grosso-modo des tomes 4 à 8 lorsque j'étais enfant, et je n'ai jamais vraiment réussi à me défaire des images des acteurs. La vieille Adeline, Nicolas et Ernest ont tout à fait la tête de ceux qui les campaient dans mon imagination. Le problème c'est que les autres ont en majorité été assez mal choisis par rapport à leurs descriptions dans les livres ! Philippe et Mary n'étant présents que dans le premier épisode, j'ai pu totalement effacer leurs images pour les remplacer par deux beaux jeunes gens blonds. Meg était tout à fait adaptée, Renny sera toujours Serge Dupire en plus roux, et Eden sera toujours Benoît Magimel en plus blond. En revanche j'ai été trop amoureuse de Sagamore Stévenin pour remplacer son image de beau brun par le blond que Piers est censé être. L'acteur qui jouait Finch avait cette silhouette qui convenait plutôt bien au personnage, un peu dégingandé et pas très à l'aise dans ses bottes, enfin il était carrément brun aussi alors qu'il est toujours décrit très blond comme Piers. Sans parler de Wakefield, avec ses boucles brunes qui devient un petit rouquin et s'appelle Benjamin. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup !

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03 octobre 2017

Mazo De La Roche - Jeunesse de Renny

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Avec ses colères terribles, ses ruses, son autorité et sa profonde bonté, Adeline whiteoak règne en souveraine sur Jalna, l'immense domaine forestier qu'elle a jadis fondé sur les bords de l'Ontario, dans le grand nord canadien.

A l'approche de ses 80 ans, Adeline, entourée de ses 4 petits-enfants, s'apprête à célébrer le mariage de leur soeur Meg avec son voisin et ami d'enfance Maurice Vaughan. Mais Maurice ne peut cacher longtemps son secret et sa honte : l'enfant qu'il vient de faire à Elvira, la jolie sauvageonne du village. il se confie à Renny, son ami, l'héritier naturel de Jalna.


 

Voilà le tome par lequel j'ai commencé la saga à l'âge de 10 ans, et c'est là quele personnage de Renny commence à prendre de l'ampleur. ce personnage autour duquel le reste de la saga va tourner. Renny a vingt ans, il vient de se faire virer de l'université et il apprend la vie. Sa soeur Meg prépare son mariage avec Maurice leur ami d'enfance, leur père Philippe est marié à Mary, leur ancienne gouvernante, et ils ont eu ensemble deux fils, Eden et Piers. La vieille Adeline essaie toujours de tout régenter et Augusta, Nicolas et Ernest, les oncles et tante, sont là pour le mariage prévu.

Mary est très effacée dans ce volume, alors que le précédent lui était consacré, c'est probablement parce que l'auteur ne s'est intéressée à ce personnage que plus tard, ayant écrit "Mary Wakefield" 14 ans "Jeunesse de Renny". Philippe est également moins affirmé puisque les différents intrigues ne le concernent pas aussi directement que dans le tome précédent, mais j'aime toujours son personnage, ce côté indifférent à toute critique. Philippe mène tranquillement son petit bonhomme de chemin sans se préoccuper de ce que les autres (sa mère) en pensent. J'ai bien aimé aussi sa relation avec ses deux aînés, un peu maladroit mais affectueux avec une Meg bouleversée, vigilant face aux faits et gestes de Renny, mais le soutenant lorsque le reste de la famille le critique. Les principaux arcs de ce roman concernent Meg et Renny. D'abord Meg qui voit ses projets de mariage chamboulés par l'arrivée de l'enfant naturel que Maurice a fait a une jeune fille du village, elle qui n'a jamais laissé Maurice ne serait-ce que l'embrasser. Elle se déride tout de même avec son amie Vera Lacey toujours là pour lui changer les idées et avec Renny avec qui elle forme une joyeuse bande de conspirateurs. Les deux jeunes gens prennent plaisir à inventer toutes sortes de mauvaises blagues pour faire fuir Malahide, un invité indésirable qui prend racine à Jalna. Malahide est ce cousin éloigné irlandais, fauché, qui s'incruste et s'attire les bonnes grâces d'Adeline, qui par pur esprit de contradiction, décide d'en faire son cousin préféré. Malahide se mêle de ce qui ne le regarde pas et rapporte tous les petits secrets des Whiteoak à la vieille Adeline. Ces passages sont assez distrayants, et je me suis aperçue, alors que je n'avais pas lu ce livre depuis une dizaine d'année, que je me rappelais encore par coeur du charmant poème que le petit Eden récite à Malahide. Le cousin est tout à fait déplaisant, faisant ressortir des côtés assez méchants de Renny. Renny lui, va faire l'expérience des premières amours, une femme avec qui il découvrira les plaisirs du corps, et une pour qui il éprouvera ses premiers émois amoureux. On lui prédira deux grands amours dans sa vie, une femme dont le prénom commence par un C et une dont le prénom commence par un A. Vous en saurez plus à ce propos dans le prochain tome puis dans le tome 7. Meg est un peu outrée de le voir embrasser une jeune fille dans un verger, pour elle cette jeune fille se comporte comme "une fille de ferme", ah 1906... Ce volume marque l'apparition des premiers fils de Philippe et Mary. Eden a cinq ans et voue un culte à Meg et Renny qui l'adorent également. la relation entre Renny et le petit Eden est très touchante malgré les quinze ans qui les séparent. Piers n'est encore qu'un bébé de deux ans qui pase de bras en bras.

Concernant la continuité, j'ai passé un peu de temps à essayer de comprendre d'où venait cette Vera Lacey. Il se trouve qu'elle est la petite fille de Guy Lacey, celui qui avait deux filles dans le tome 3 et qui courtisait Augusta dans le 2. Ca ne collait pas tellement. On apprend à un moment que Guy Lacey a 70 ans en 1906, ce qui nous ramène donc à l'époque de matins à Jalna (1964-65 environ) à un homme de 29 ans qui s'intéresse à une jeune fille de 14 ans... Et qui a probablement eu un fils juste après pour pouvoir avoir une petite fille de vingt ans 41 ans après. Un fils dont on ne nous a jamais parlé dans Mary Wakefield alors que les deux filles Lacey (Violet et Ethel) étaient tout à fait présentes. Bon, bref, l'auteur attache manifestement moins d'importance que moi à ce genre de détails...

Allez, next !

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